mardi 5 mai 2009

Vous avez dit la crise ?...


Je ne sais pas ce que retiendra l’histoire de ce qui se passe actuellement, mais j’ai la profonde conviction que nous vivons relève plus d’une crise de civilisation que d’une crise économique comme l’on veut bien nous le faire admettre.
Les plus pessimistes diront en se référant au passé que l’histoire se déroule une nouvelle fois à l’identique, à savoir, d’abord une crise économique puis l’émergence d’une dictature qui précipitera le monde une nouvelle fois dans le chaos.
Pour ma part, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une crise économique, ni même d’une crise sociétale, mais bien d’une crise de civilisation. Effectivement, après avoir constaté tristement l’échec du socialo-communisme, nous avons vu s’installer autour de nous l’horreur économique d’un capitalisme irresponsable où les criantes disparités n’ont fait que se creuser. En reprenant les propos de Mme TATCHER qui affirmait dans les années 70/80 que la société n’existait pas, il y avait seulement des individualités toutes préoccupées par leur seul intérêt et qu’il convenait de donner à chacun la possibilité de réaliser le plus de profit, et tant pis pour les autres.
Ce paradoxe inacceptable consistant à voir les riches devenir de plus en plus en riche et les plus démunis s’enfoncer encore un peu plus dans l’extrême pauvreté nous semble tout à coup insupportable, et pourtant… nous pouvons lire ici où là la stupéfaction de certains devant une prise de conscience aussi tardive que bien venue car elle les menace de plus en plus précisément. Un peu comme si nous découvrions tout cela, comme si nous n’étions pas à l’ère de la sur information, de la communication immédiate, de l’analyse en temps réelle pour une anticipation de tous les problèmes avant qu’ils n’apparaissent. Apparemment soit la machine était bien mal conçue ou pire, nous avons feint d’ignorer ce que nous savions déjà et là, j’hésite entre colère, haine et dégoût. Si je parle de cela, ce n’est pas pour me dédouaner de toutes responsabilités dans cet état de fait car ceux qui souffrent je les ai vus autant que les autres, ceux qui sont morts de froid, de désespoir, ceux à qui je n’ai pas eu le courage d’adresser un regard qui aurait témoigné au moins de ma considération pour eux sinon de mon engagement. Les enfants, qui depuis plusieurs décennies à présent meurent de faim, m’ont permis de pouvoir assister à des concerts planétaires où chacun venait se donner bonne conscience, de regarder bien tranquillement des reportages engagés en première partie de soirée où je terminais mon repas regardant des médecins sublimes de dignité choisir lesquels de ces enfants pourraient vivre un jour de plus. Étrange contraste que le choix de ces hommes qui avait le pouvoir de vie ou de mort dans cet endroit privé de tout, même de la dignité, qui contrastait avec l’indécente abondance qui venait de nous être faites par le truchement d’une publicité nous ventant la façon de pouvoir manger encore plus sans craindre pour notre santé.
Je pense effectivement que nous sommes à l’heure où tous les oubliés, les méprisés, les sacrifiés vont se lever pour crier leurs révoltes désespérées, à l’heure des comptes. Afin de pouvoir encore accroitre des profits de plus en plus importants, on a laissé ruiner notre planète. En seulement un siècle, nous avons massacré un patrimoine qui pouvait durer des siècles, m’étant en péril notre avenir et surtout celui de nos enfants. Il y avait de tout et pour tous et la cupidité imbécile, l’égoïsme suicidaire a précipité notre propre perte. Non seulement nous avons fait preuve d’un mépris pour la terre et la nature qui nous accueille, mais nous avons laissé délibérément affamer ceux qui vivaient sur les terres qui ont été systématiquement pillées.
Gageons qu’il y aura bien quelques natures bien disposées à profiter de cela pour tirer profit du chaos qui va venir et je ne parierais pas que, cette fois-ci, nous soyons du côté des épargnés, des chanceux, des nantis.

Nous aurons au moins la consolation de comprendre ce qui nous arrive et le remord de n’avoir rien fait pour nous et donc pour eux, pour nous tous.

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