mercredi 20 octobre 2010

UNE SAINE COLERE




S'il y a des moments où certains journalistes, intellectuels ou autres hommes politiques se fendent d'une émotion, d'une colère souvent factices pour des faits ou des propos attendus, que ne les a-t-on entendu après l'intervention de Mr GUERLAIN?

Ce manque de réaction traduit bien le climat détestable aux sous-entendus abjects dans lesquels est plongé le pays actuellement, et il n'est pas interdit de penser que lorsqu'un ministre en exercice se permet en public des blagues de comptoir, pour lesquels il a été condamné, d'autres se lâche à des citations malodorantes, ce qui est le comble pour un parfumeur!

Oui Madame Audrey Pulvar, vous avez eu raison de dire des choses justes, parfois bouleversantes, mais en aucun cas grossières, avec votre douleur, votre cœur à la mémoire d'un peuple qui a été si longtemps sacrifié, ignoré, oublié et s'il y en a pour vous reprocher d'avoir été injurieuse, sachez que, pour moi, les propos tenu par Mr GUERLAIN le sont mille fois plus que les vôtres.

Merci à vous.

samedi 31 juillet 2010

Une bouffé de Kriss, trop plein d'émotion


Kriss / Corinne a été au bout de la vie, au bout de la douleur, au bout de l’espoir et malgré tout cela, elle a toujours pensé aux autres. C’est cela qui nous émeut, cette générosité dont nous nous savons éloignés souvent.
Lorsque Kriss nous a annoncé qu’elle était malade, beaucoup d’entre nous ont pensé qu’elle sortirait vainqueur de cette épreuve et puis la vie en décidé autrement.
Elle m'écrivait dans la réponse d’un message que je lui avais envoyé qu’elle avait tout envisagé la vie comme la mort.
Comme tout ce qu’elle a fait, elle l’a fait bien, discrètement, en pensant d’abord aux autres. Brassens le disait dans « Les copains d’abord », il y a des trous dans la mer qui jamais ne se referme.
Corinne doit être quelque part dans la mer, dans un de ces trous là.

dimanche 20 juin 2010

Merci, Marie-Pierre






On ne peut pas ici parler de Kriss sans rendre un hommage appuyé à Marie-Pierre PLANCHON, celle qui a su perpétuer le Crumble de la façon la plus juste possible, respectant l’idée avec justesse, compétences et humilité, jusqu’à se l’approprié (MPP CRUMBLE) et parce que c’est dimanche, c’est légal.

Elle a eu le bon goût et le talent de ne pas faire de cette émission une messe dominicale nostalgique où tout aurait été figé, défini, immuable. Car l’esprit de Kriss, c’est tout le contraire de l’habitude, du conformisme et de la continuité.

Pour ceux qui veulent se souvenir un peu plus souvent que nécessaire d’elle, il y a ce site qui permet de s’exprimer lorsque l’on a un trop plein d’émotion, un nuage de larmes, un petit vent frais de tristesse.

Je pense sincèrement que lorsque l’on pense à ceux qui sont parti avec une émotion sincère, ils ne peuvent pas nous quitter tout à fait. Ce n’est pas eux qui se rapprochent de nous, mais l’inverse ; on se rend disponible à les entendre et en cela Kriss/Corinne ne sera jamais complètement partie.

Tous les jours, en écoutant la litanie des échecs, des tromperies, des trahisons qui sont le quotidien de nos vies, c’est une grande chance de pouvoir écouter des personnes comme Marie-Pierre ; savoir que des personnes, comme Kriss, avec autant d’amour pour les autres existent, vous réconforte et vous permette d’aimer la vie, même jusqu’à la mort.

mercredi 26 mai 2010

La tombe de Kriss. Kriss, Corinne, plus là, mais toujours pas loin...



Prunay en Yvelines, c'est là qu'elle repose. On savait la dame assez discrète, peu portée à mettre en avant sa vie privée, elle a d'ailleurs mis sous les projecteurs bien d'autres qu'elle même dans son métier.
Prunay en Yvelines donc, le petit cimetière se trouve à la sortie du village et lorsqu'on pousse le portail vert, la tombe est au deuxième rang sur la droite. Lorsqu'on se trouvaiat sur la messagerie de Kriss, elle disait :
"Bonjour, Kriss, Corinne, pas là, pas loin, laissez-moi un message et je vous rappelle", ce message, c'était le même depuis des années, il n'avait pas pris une ride, il était dans la juste ligne de ce qu'elle était: discrète, disponible et droite.
Une grande dalle de granit blanc où est sobrement inscrit " Georges GORSE 1915 - 2002 " et sur la droite, une autre tombe, où est marqué " Jane CELAT 1892 - 1982 " sans doute celle de sa mère. A la mairie, on n'a pas su me dire où reposait Corinne, peut être avec son père, peut être dans l'autre sépulture. Je ne sais pas si c'est une volonté de la défunte que son nom n'apparaisse pas, mais là encore, elle n'est pas là, pas loin...

vendredi 2 avril 2010

TSUNAMI


Nous avons bien tord de penser que la façon dont est organisée notre société n'est nocive que pour ceux qu'elle écrase. Effectivement, s'il doit y avoir des perdants, nous sommes tous concernés. La courte vue qui consiste à prendre en compte notre relatif bonheur immédiat est un leurre car si un des effets les plus visibles de "l'horreur économique" est de rendre évidente une intolérable et cruelle injustice basée sur un égoïsme étatisé, les conséquences encore plus dures et irréversible sont à venir. Pour satisfaire l'orgueil et la soif de pouvoir des uns, la vanité et la cruauté des autres, on a tout détruit. Je parle au présent tout à fait lucidement car quoiqu'il soit entrepris aujourd'hui nous devrons, ainsi que nos enfants, payer le prix de notre folie, de notre égoïsme, enfin de notre bêtise; car c'est notre propre perte que nous avons programmée et lorsque les éléments se déchaineront, il n'y aura pas de différence qui sera faite pour la destruction massive de notre monde. Loin de toute religion, de tout parti ou de toute doctrine philosophique, le fait est là : en méprisant les plus démunis de nos semblables, c'est nous mêmes que nous avons méprisés.

dimanche 28 mars 2010

Que restera-t-il?


Que restera-t-il de nous, dis- moi? Que restera-t-il? Un souvenir diffus, délayé par les années, de quelque chose qui aura marqué nos vies définitivement, souvenir si intense qu'il sera assimilé à un rêve. Il restera également ces impressions d'inachevé, de culpabilité, de gâchis, d'injustice, ce sentiment d'être, toi et moi, chacun dans sa prison dorée. Nous avons appris à écouter le silence de l'autre qui nous dit combien il nous aime; nous avons appris a tué le temps car, comme toutes les choses vraiment importantes, il n'a plus d'emprises sur nos sentiments. Les corps vieillissent, les espoirs se rétrécissent accordant de plus en plus de place aux compromissions qui nous tuent plus surement que tous nos cancers réunis. Dans les moments les plus difficiles, il reste toi que j'appelle pour ne pas sombrer et les jours, de plus en plus rare, où je trouve aucun obstacle à regarder mon ciel trop bleu, je ne peux profiter de mon bonheur sans avoir le regret que tu ne sois pas là pour le partager avec moi. La vie se termine, mais le sentiment lui restera intact et je me demande par quel moyen il continuera à s'exprimer une fois que je serais adressé? Ce qui me console, tu vois, c'est que j'ai cette certitude persistante que je ne te quitterais pas totalement. Et pourtant, que pourrais-je attendre encore? Il ne sera, bien sur, plus jamais question d'exprimer notre amour par le langage des corps, le temps à passé, alors, qu'es ce que je regrette aujourd'hui? Je partage avec toi ce que beaucoup de personnes n'auront jamais, le nectar de la relation à deux, cet état fusionnel qui nous permet de rester en contact, faisant fis de toutes les distances, du jour, de la nuit et du temps. Nous arrivons à passer outre toutes les barrières des contraintes humaines comme ils disent, ceux qui nous regarde parfois d'un air amusé, d'une tendresse partagée souvent, eux, ils savent à quel point tout cela est précieux. Alors, avant qu'il soit vraiment trop tard, avant que la vie ne quitte définitivement ce corps qui ne cesse de me trahir, je ne t'écris pas ces deux mots que je n'ose plus dire et qui, lorsque je les entend, semblent me rapprocher du ciel.

samedi 27 mars 2010

Lettre à Hugo III


Bonjour Hugo,
Je te donne une fois de plus des nouvelles entre deux embarquements. Tu avais raison: il serait temps que je me demande ce que je fuis avec autant d'assiduité. Que veux-tu, j'aime arrivé, le reste m'ennuie. Pourtant, toutes les lieux dont je te parle sont essentiels pour moi et si je m'en vais, ce n'est pas par lâcheté, mais parce qu'il me tarde de recommencer quelque chose. Je ne sais plus qui disait: "j'aime trop les commencements pour pouvoir aimer le reste", c'est ça, j'aime commencer. Découvrir, rencontrer, apprivoiser, séduire, être à chaque fois moi-même et un autre totalement différent.
Tu vois Hugo, s'il y a quelqu'un qui me connait bien, c'est bien toi; toi qui m'accepte tel que je suis et ne s'arrête pas aux apparences qui m'ont joués, malheureusement, tant de mauvais tours. J'aime aimé, mais je ne veux pas m'enfermer dans une relation qui serait pour moi une prison. La belle brune de Barcelone l'a bien compris et me laisse partir pour que je puisse mieux revenir. Elle profite du moment présent sans se demander combien de temps il va durer; je sais que je peux partir à tous moments, je suis libre d'être, c'est tout. En échange, je lui donne à peindre tous mes délires, mes sans écrire, mes témoignages muets aux conclusions incertaines, mes pensées aux structures fragiles dans lesquels s'engouffre le souffle brûlants de mes passions; mon envie de vivre plus forte que toutes les morts, balayant d'un revers imparable tous les envies de suicide romantique ou désespéré. Je ne sais quand tout cela va s'arrêter, ce qui est sur, c'est que la vieillesse s'accommodera mal de ce rythme; tant pis pour elle, je ne la verrai pas.
A bientôt Hugo

jeudi 25 mars 2010

L'oeuvre de toute une vie


"La jeunesse perdue", tel aurait du être le titre du second roman de Mireille HAVET, que la solitude et la misère de la drogue l'ont empêché d'écrire. "Vous avez tout pour réussir" lui avait-on dit, tout, sauf le socle rassurant et essentiel d'une famille présente et aimante qui aurait pu lui éviter de tomber dans les pièges de ce monde détruit, d'une part par "la grande guerre" et comme si la mort n'avait pas eu son cota de trépas, elle va y rajouter la terrible grippe espagnole qui emportera plus de dix-huit millions de vies dont celle de Guillaume Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, dit Guillaume Apollinaire, celui qui l'appelait "la petite poyetesse".
La jeunesse perdue existe en fait, c'est une œuvre colossale, une dizaine de cahiers, des feuillets, des correspondances, l'œuvre de toute une vie.






mardi 23 mars 2010

Mireille et Nathalie




Il y a ceux qui ont une vie bien rangée, millimétrée, planifiée et qui vivent durant de longues années en attendant une mort bien tranquille elle aussi. Pour une autre, comme le dit Philippe DELAROCHE : "Passée abruptement de la condition de mortel à l'état de cadavre, elle n'a pu vivre toute sa vie, elle n'a pas pu aimer tout son amour, ni mourir toute sa mort". Voilà résumé avec talent ce que l'on peut dire de Mireille HAVET, destin auquel on peut comparer celui de Nathalie CLIFFORD BARNEY qui lui est en tous points opposé. Quand l'une est riche et sûre d'elle-même, l'autre est pauvre, entretenue et l'esclave d'une trop grande sensualité, mal maîtrisée, subie et qui l'a mènera à la mort par un chemin de vie qui ressemble à un calvaire. Mireille HAVET sera l'enfant perdue d'un siècle qui commença par une boucherie inimaginable, une saignée gigantesque, une indescriptible apocalypse. Quand l'une utilise les drogues comme un moyen contrôlé d'exacerber ses sens et ses sensuels délires, l'autre y plonge avec délice et sans retenue jusqu'au néant. Lorsque Nathalie est un témoin de son temps, une entremetteuse de talents éclairée, Mireille est un feu follet séduisant et tragique qui, presque un siècle plus tard, possède ceux qui la lisent par une telle envie de vivre, une sensualité si attachante.

vendredi 26 février 2010

Cette voix qui crie vers vous, c'est celle de Mireille HAVET




Lire le journal de Mireille HAVET, c'est écouter sa voix qui s'est éteinte il y a 78 ans aujoud'hui. Voilà une enfant du siècle diablement moderne dans son itinéraire qui n'a rien à envier à Janis JOPLIN, Jim MORISSON ou Jimi HENDRIX. Après quelques poèmes et un roman, tous ceux qui croyaient en elle on attendu en vain le roman qu'elle ne finira jamais et qu'elle voulait appeler prémonitoirement "La jeunesse perdue".


Alors que l'oubli devait être total, voici qu'à la faveur d'un dégât des eaux on retrouve "l'Oeuvre", elle qui rêvait que son nom contienne la particule lointaine de la famille de sa mère (Mireille HAVET de SOYECOURT), voilà qu'avec son journal tenu de 1913 à 1929, elle gagne réellement son titre de noblesse littéraire, elle retrouve toute sa voix, toute sa vie et tant d'années après sa disparition elle semble plus vivante que jamais.


Lire son journal, c'est retrouver une proximité stupéfiante avec son auteure. Effectivement, jusqu'aux dernières pages, elle reste d'une lucidité sidérente, ne s'accordant aucune circonstance atténuante, parlant avec la même passion de ce qui la détruit, qu'elle aime, qu'elle hait et lui ai pourtant indispensable.


On ne sort pas indemne de ce voyage dans le temps, de ce cri de détresse qui
résonne encore aujourd'hui comme une plainte à la fois contemporaine et déchirante.