lundi 29 août 2011

Ceux qui évrivent


Ceux qui écrivent, les vrais écrivains, sont d’abord d’assidus lecteurs, après ils digèrent ou ils vomissent ce qu’ils ont ingurgité, selon leurs talents et, ou leurs dispositions. Moi, je n’ai pas lu beaucoup de livres, je ne suis pas un écrivain, je n’écris pas, je cris en silence, trempant la plume de mon inspiration directement dans mon cœur ou dans mes tripes, c’est selon.

Je me suis souvent demandé, alors qu’un lecteur / écrivain dévore quelques pages d’un génie ayant l’aptitude à ciselé ou enrober quelques proses de manière magnifique ou géniale, s’il sentait poindre tout au fond de sa poitrine une douleur inopportune trahissant la pointe de jalousie et le désespoir de ne pas avoir pu réaliser pareilles prouesses ?

On évoque également souvent l’angoisse de la page blanche, cela non plus je ne le connais pas (ce qui conforte l’idée que je ne sais pas écrire puisque je ne souffre pas de ces maux), écrire est pour moi une délivrance, un recyclage d’idées noires, roses où s’illuminent des pages arrachées au livre de ma vie, la réalité côtoyant la fiction et le mensonge salutaire qui vient égayer par des teintes parfois tendres, parfois désespérées un destin bien peu épargnant.

Que j’écrive des lettres d’amour à mon amante imaginaire, des récits éclairés à mon ami Hugo, lui aussi allégorique, me permet de vivre ou revivre. J’aurais pu aligner des chevaliers sanguinaires, sans peur et sans reproches, me perdre dans les méandres de quelques pyramides ignorées ou simplement suivre les traces sud américaines d’un Aguirre contemplant la colère de son Dieu, mais non, simplement quelques morceaux de vie, de celle-ci, de celle d’avant ou peut être de celles d’après ? Qui sait ?

Je ne cherche pas les mots, ils viennent seuls et se présentent à moi, je ne fais que les placer les uns derrière les autres, espérant que leur ordre fera bonne figure, que leur son ainsi prononcé à l’oreille chantera, cette musique promptement décodé par un esprit attentif déposera le sens à l’appréciation de son propriétaire.

Donc je n’écris pas, je place des mots, je mets en ordre, je traduis la force de la pensée en simples mots en évitant qu’ils ne s’épuisent pas trop, qu’ils ne trahissent pas car la est réellement la souffrance de celui qui essaye d’écrire, traduire une pensée chaude, généreuse, enfiévrée, remplie de charme ou de larmes, de colère ou d’admiration en esquivant l’abominable amoindrissement qu’exige le truchement de l’écriture.

Il n’existe pas de mots assez fort pour retranscrire sans trahir la formidable puissance du sentiment car les mots peuvent s’acheter, plaqués sur de fines feuilles de bois recouvertes d’encre, les sentiments eux sont insalissables, invendables, immatériels, hors de prix et parfois hors de nous.

S’il existait le moyen de faire parvenir à autrui la pensée dans toute son intégrité, sa force, sa précision sans avoir à souffrir de l’affreux filtre de l’écriture, tout serait bien différent.

Lorsque l’on regarde l’être aimé, le regard suffit seul, point besoin de mot, mais nous avons souvent perdu cette disposition admirable de parler sans mot dire, et parler sans maudire, c’est la moindre des choses lorsque l’on veut parler d’amour.



Ceux qui évrivent

samedi 5 février 2011

Extrait du livre d'or ouvert par France Inter


Corinne GORSE, dite Kriss

Samedi 17 avril 1948 – jeudi19 novembre 2009

"J’ai traversé des moments difficiles, qui commencent à s'équilibrer …",

Corinne Gorse, dimanche 1er novembre 2009

Mai 2009 (réponse au mail que je lui avais envoyé) :

Que votre message est généreux et beau. Il me va droit au cœur. Evidemment il donne du sens à mon travail, et à ma vie, et évidemment me donne des forces pour guérir. Je me suis préparée à tout, à vivre, à mourir, je n'ai pas vraiment peur de la mort, mais j'adore la vie, alors tant que je peux je penche de son coté, et fortement.
Voilà les nouvelles.
Merci de m'accompagner depuis des années et sans doute, d'avoir mûri avec moi

Portez vous bien

Kriss

Kriss est morte, France Inter est en deuil

LIVRE D’OR DE KRISS

4375 messages déposés du 20 novembre au 02 décembre 2009

Noëlle
20/11/2009 16h54

Kriss,

Ai appris ce matin ton décès. Cela me laisse bien triste.
Même au loin, je t'écoutais.
We Will miss You.
Condoléances à ta famille et a l'équipe d'Inter.

Hélène
20/11/2009 17h06

France Inter non stop. Hier info brève, triste, très triste : Kriss nous a quitté. Depuis des semaines je me faisais un sang d'encre à ton sujet, plus aucunes nouvelles à l'antenne (silence radio). Tes émissions étaient passionnantes, ta voix, jeune, rieuse, chaleureuse, attentive, tu savais accueillir tes invités avec bienveillance. Hier soir, mes larmes coulaient toutes seules, incontrôlables. Kriss, tu étais notre amie, notre rayon de soleil, indispensable, incontournable, tu vas nous manquer !

mimiolliergues20
20/11/2009 17h09

Merci merci merci La Kriss, pour tout pour ta voix ta bonne humeur communicative, ta joie, tes reportages plein de simplicité toujours proches de ses invités et de ses auditeurs; de tous les bons moments passés avec toi grâce aux ondes magiques !!!

Mais c'est avec beaucoup de peine et de tristesse que nous devrons rallumer le poste sans ta voix.
Bon courage à ceux qui t'entourent et merci France Inter de nous avoir permis une telle rencontre pendant toutes ces années

Nicole B.
20/11/2009 17h09

Au revoir Kriss, vous m'avez tant aidé sans le savoir. Vous étiez mon échappatoire, ma fenêtre ouverte sur les autres. Vous m'avez montré ce qu'était la générosité, la complicité, l'amour des autres. Je pense très fort à ceux que vous aimez et qui vous aiment. A un de ces jours, ailleurs.

Jackin
20/11/2009 17h10

La joie, la bonne humeur mais aussi l'humour, l'intelligence viennent de quitter France Inter. Mais aussi tous les auditeurs qui attendaient ses émissions avec joie et sympathie. C'est dommage de partir si vite.

Mathé
20/11/2009 17h10

Je suis infiniment Krisste. Et je n'aurai jamais le plaisir de te recevoir à Sète.
Embrasse ceux que j'aime et qui sont aussi dans l'au-delà de mon cœur.
Tu continues à vivre dans nos souvenirs.
Je t'aime, petite sœur.
Gilles.

Catherine
20/11/2009 17h15

J’ai le sentiment d'avoir perdu une amie, pourtant, je découvre son visage seulement aujourd'hui, je ne connaissais que sa voix, enfantine et gourmande, je l'ai su malade, en retrait, puis plus rien... et cette nouvelle que je viens d'entendre... si triste.

Caroline
20/11/2009 17h17

Jolie Kriss, je ne connaissais que ta voix, si tendre, si douce. Tu étais drôle, impertinente, tellement vivante. Saleté de cancer. Tu nous as laissés trop tôt, beaucoup trop tôt.
Tu resteras dans notre cœur et nos oreilles.

fionana34
20/11/2009 17h20

Criss a accompagné et adouci la tristesse de tant de dimanches de solitude, comment faire sans cette énergie ? Des êtres de lumière nous quittent et tant de nuisibles résistent ! Je découvre son visage et le manque est pire. Merci à elle et à France inter d'avoir permis cette rencontre !

jeff st tropez
20/11/2009 17h20

quelle tristesse que cette nouvelle glissée entre deux glauque rie de l'actualité, plus ta voix ne plus entendre tes sourires, ne plus saisir tes souffles, ne plus deviner tes yeux rieur, repose toi ne t'intriques pas nous t'écoutons toujours mille tendresse demain je jetterai des fleurs à la mer à la ponche au revoir kriss

Madeleine
20/11/2009 17h21

Bel hommage à notre Kriss, une de ces voix inimitables qui vous remettaient de bonne humeur dans les moments durs. Presque 40 ans qu'elle m'accompagnait, cette voix.. et ses portraits sensibles ! Respect devant elle qui ne faisait pas mystère de sa maladie, quelle petite bonne femme !! Merci
Madeleine (La Rennaise des photos du TNB)

Hélène
20/11/2009 17h21

J'écoute Kriss depuis l oreille en coin alors même si c est pas dimanche c est légal, Kriss je t embrasse.

beranger
20/11/2009 17h22

Je suis triste du départ de Kriss, cette belle voix chaleureuse que j'entendais pendant ma tournée dans ma voiture va nous manquer beaucoup. j'adore son emission où elle savait faire passer l'affection et même l'amour de l'humain pour l'autre. Même de loin on pense à toi et ta famille.

Noëlle
20/11/2009 17h22

quelle tristesse de ne plus entendre votre voix depuis plusieurs mois déjà mais maintenant pour toujours !
c'était tellement bien d'accompagner les préparatifs des repas du dimanche midi avec vos éclats de rire, votre curiosité et votre timbre de voix si reconnaissable !
merci pour ces bons moments, nous continuerons à écouter le crumble du dimanche !

roby
20/11/2009 17h22

Adieu Kriss!tu resteras présente a nos cœur pour toujours.

Sarah
20/11/2009 17h23

Au revoir et merci Kriss pour toute la bonne humeur que votre jolie voie pouvais m'apporter. Vous me manquiez déjà par votre rareté, je suis triste aujourd'hui. Chapeau l'artiste un tel art de vivre n'est pas donné à tout le monde.

morgane
20/11/2009 17h23

A Kriss et à sa famille,
Tel Orphée qui chante encore, pour toujours revenue du royaume des morts par le simple souvenir, le plus pur, celui d'une voix.
"Passons, passons, puisque tout passe,
Je me retournerai souvent,
Les souvenirs sont cor de chasse
Dont le bruit meurt parmi le vent". G. Appolinaire
Nous nous souviendrons de ton chant exquis comme une musique douce, enjouée et familière. A bientôt

diont
20/11/2009 17h24

ta voix douce nous manque %2Cdepuis 40 ans je te suivais avec tes debuts avec j chancel et noelle brehame et quelle belle emision%28crumble%29 et ta patite pointe d%27%27humour quel grand vide j%27%27en ai le coeur serr%E97

Ermiloff
20/11/2009 17h25

J'apprend ce matin, en roulant vers mon travail la mort de Kriss... Une voix peut elle mourir ? J'ai toujours dans la tête la voix de mes grand-pères, mais pas celles de mes grand-mères. J'ai le même sentiment de tristesse que lorsque j'ai appris, dans les mêmes circonstances, la mort de Nougaro. Ma jeunesse s'enfuit. Les amis inconnus aussi. Elle était un océan de fraicheur et d'optimisme dans le marigot de laideur dans lequel j'évolue. Je m'autorise une larme et j'embrasse ceux qui l'on aimé.

antoine
20/11/2009 17h26

Kriss est partie sur une ile inconnue. Elle nous laisse sans sa voix, et son ton inimitable.
Je voulais juste lui dire un grand merci pour les moments si chaleureux que j'ai passé en sa compagnie radiophonique.

mercredi 20 octobre 2010

UNE SAINE COLERE




S'il y a des moments où certains journalistes, intellectuels ou autres hommes politiques se fendent d'une émotion, d'une colère souvent factices pour des faits ou des propos attendus, que ne les a-t-on entendu après l'intervention de Mr GUERLAIN?

Ce manque de réaction traduit bien le climat détestable aux sous-entendus abjects dans lesquels est plongé le pays actuellement, et il n'est pas interdit de penser que lorsqu'un ministre en exercice se permet en public des blagues de comptoir, pour lesquels il a été condamné, d'autres se lâche à des citations malodorantes, ce qui est le comble pour un parfumeur!

Oui Madame Audrey Pulvar, vous avez eu raison de dire des choses justes, parfois bouleversantes, mais en aucun cas grossières, avec votre douleur, votre cœur à la mémoire d'un peuple qui a été si longtemps sacrifié, ignoré, oublié et s'il y en a pour vous reprocher d'avoir été injurieuse, sachez que, pour moi, les propos tenu par Mr GUERLAIN le sont mille fois plus que les vôtres.

Merci à vous.

samedi 31 juillet 2010

Une bouffé de Kriss, trop plein d'émotion


Kriss / Corinne a été au bout de la vie, au bout de la douleur, au bout de l’espoir et malgré tout cela, elle a toujours pensé aux autres. C’est cela qui nous émeut, cette générosité dont nous nous savons éloignés souvent.
Lorsque Kriss nous a annoncé qu’elle était malade, beaucoup d’entre nous ont pensé qu’elle sortirait vainqueur de cette épreuve et puis la vie en décidé autrement.
Elle m'écrivait dans la réponse d’un message que je lui avais envoyé qu’elle avait tout envisagé la vie comme la mort.
Comme tout ce qu’elle a fait, elle l’a fait bien, discrètement, en pensant d’abord aux autres. Brassens le disait dans « Les copains d’abord », il y a des trous dans la mer qui jamais ne se referme.
Corinne doit être quelque part dans la mer, dans un de ces trous là.

dimanche 20 juin 2010

Merci, Marie-Pierre






On ne peut pas ici parler de Kriss sans rendre un hommage appuyé à Marie-Pierre PLANCHON, celle qui a su perpétuer le Crumble de la façon la plus juste possible, respectant l’idée avec justesse, compétences et humilité, jusqu’à se l’approprié (MPP CRUMBLE) et parce que c’est dimanche, c’est légal.

Elle a eu le bon goût et le talent de ne pas faire de cette émission une messe dominicale nostalgique où tout aurait été figé, défini, immuable. Car l’esprit de Kriss, c’est tout le contraire de l’habitude, du conformisme et de la continuité.

Pour ceux qui veulent se souvenir un peu plus souvent que nécessaire d’elle, il y a ce site qui permet de s’exprimer lorsque l’on a un trop plein d’émotion, un nuage de larmes, un petit vent frais de tristesse.

Je pense sincèrement que lorsque l’on pense à ceux qui sont parti avec une émotion sincère, ils ne peuvent pas nous quitter tout à fait. Ce n’est pas eux qui se rapprochent de nous, mais l’inverse ; on se rend disponible à les entendre et en cela Kriss/Corinne ne sera jamais complètement partie.

Tous les jours, en écoutant la litanie des échecs, des tromperies, des trahisons qui sont le quotidien de nos vies, c’est une grande chance de pouvoir écouter des personnes comme Marie-Pierre ; savoir que des personnes, comme Kriss, avec autant d’amour pour les autres existent, vous réconforte et vous permette d’aimer la vie, même jusqu’à la mort.

mercredi 26 mai 2010

La tombe de Kriss. Kriss, Corinne, plus là, mais toujours pas loin...



Prunay en Yvelines, c'est là qu'elle repose. On savait la dame assez discrète, peu portée à mettre en avant sa vie privée, elle a d'ailleurs mis sous les projecteurs bien d'autres qu'elle même dans son métier.
Prunay en Yvelines donc, le petit cimetière se trouve à la sortie du village et lorsqu'on pousse le portail vert, la tombe est au deuxième rang sur la droite. Lorsqu'on se trouvaiat sur la messagerie de Kriss, elle disait :
"Bonjour, Kriss, Corinne, pas là, pas loin, laissez-moi un message et je vous rappelle", ce message, c'était le même depuis des années, il n'avait pas pris une ride, il était dans la juste ligne de ce qu'elle était: discrète, disponible et droite.
Une grande dalle de granit blanc où est sobrement inscrit " Georges GORSE 1915 - 2002 " et sur la droite, une autre tombe, où est marqué " Jane CELAT 1892 - 1982 " sans doute celle de sa mère. A la mairie, on n'a pas su me dire où reposait Corinne, peut être avec son père, peut être dans l'autre sépulture. Je ne sais pas si c'est une volonté de la défunte que son nom n'apparaisse pas, mais là encore, elle n'est pas là, pas loin...

vendredi 2 avril 2010

TSUNAMI


Nous avons bien tord de penser que la façon dont est organisée notre société n'est nocive que pour ceux qu'elle écrase. Effectivement, s'il doit y avoir des perdants, nous sommes tous concernés. La courte vue qui consiste à prendre en compte notre relatif bonheur immédiat est un leurre car si un des effets les plus visibles de "l'horreur économique" est de rendre évidente une intolérable et cruelle injustice basée sur un égoïsme étatisé, les conséquences encore plus dures et irréversible sont à venir. Pour satisfaire l'orgueil et la soif de pouvoir des uns, la vanité et la cruauté des autres, on a tout détruit. Je parle au présent tout à fait lucidement car quoiqu'il soit entrepris aujourd'hui nous devrons, ainsi que nos enfants, payer le prix de notre folie, de notre égoïsme, enfin de notre bêtise; car c'est notre propre perte que nous avons programmée et lorsque les éléments se déchaineront, il n'y aura pas de différence qui sera faite pour la destruction massive de notre monde. Loin de toute religion, de tout parti ou de toute doctrine philosophique, le fait est là : en méprisant les plus démunis de nos semblables, c'est nous mêmes que nous avons méprisés.