mardi 23 mars 2010

Mireille et Nathalie




Il y a ceux qui ont une vie bien rangée, millimétrée, planifiée et qui vivent durant de longues années en attendant une mort bien tranquille elle aussi. Pour une autre, comme le dit Philippe DELAROCHE : "Passée abruptement de la condition de mortel à l'état de cadavre, elle n'a pu vivre toute sa vie, elle n'a pas pu aimer tout son amour, ni mourir toute sa mort". Voilà résumé avec talent ce que l'on peut dire de Mireille HAVET, destin auquel on peut comparer celui de Nathalie CLIFFORD BARNEY qui lui est en tous points opposé. Quand l'une est riche et sûre d'elle-même, l'autre est pauvre, entretenue et l'esclave d'une trop grande sensualité, mal maîtrisée, subie et qui l'a mènera à la mort par un chemin de vie qui ressemble à un calvaire. Mireille HAVET sera l'enfant perdue d'un siècle qui commença par une boucherie inimaginable, une saignée gigantesque, une indescriptible apocalypse. Quand l'une utilise les drogues comme un moyen contrôlé d'exacerber ses sens et ses sensuels délires, l'autre y plonge avec délice et sans retenue jusqu'au néant. Lorsque Nathalie est un témoin de son temps, une entremetteuse de talents éclairée, Mireille est un feu follet séduisant et tragique qui, presque un siècle plus tard, possède ceux qui la lisent par une telle envie de vivre, une sensualité si attachante.

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