samedi 27 mars 2010

Lettre à Hugo III


Bonjour Hugo,
Je te donne une fois de plus des nouvelles entre deux embarquements. Tu avais raison: il serait temps que je me demande ce que je fuis avec autant d'assiduité. Que veux-tu, j'aime arrivé, le reste m'ennuie. Pourtant, toutes les lieux dont je te parle sont essentiels pour moi et si je m'en vais, ce n'est pas par lâcheté, mais parce qu'il me tarde de recommencer quelque chose. Je ne sais plus qui disait: "j'aime trop les commencements pour pouvoir aimer le reste", c'est ça, j'aime commencer. Découvrir, rencontrer, apprivoiser, séduire, être à chaque fois moi-même et un autre totalement différent.
Tu vois Hugo, s'il y a quelqu'un qui me connait bien, c'est bien toi; toi qui m'accepte tel que je suis et ne s'arrête pas aux apparences qui m'ont joués, malheureusement, tant de mauvais tours. J'aime aimé, mais je ne veux pas m'enfermer dans une relation qui serait pour moi une prison. La belle brune de Barcelone l'a bien compris et me laisse partir pour que je puisse mieux revenir. Elle profite du moment présent sans se demander combien de temps il va durer; je sais que je peux partir à tous moments, je suis libre d'être, c'est tout. En échange, je lui donne à peindre tous mes délires, mes sans écrire, mes témoignages muets aux conclusions incertaines, mes pensées aux structures fragiles dans lesquels s'engouffre le souffle brûlants de mes passions; mon envie de vivre plus forte que toutes les morts, balayant d'un revers imparable tous les envies de suicide romantique ou désespéré. Je ne sais quand tout cela va s'arrêter, ce qui est sur, c'est que la vieillesse s'accommodera mal de ce rythme; tant pis pour elle, je ne la verrai pas.
A bientôt Hugo

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