mercredi 6 mai 2009

Omar Sosa en concert



Hier soir, j'ai essayé de débaucher les quelques personnes susceptible de pouvoir aimer Omar Sosa, ils ne sont pas nombreuses: une amie de trente ans (ça rappelle quelqu'un...), une nièce sensible et curieuse, un couple d'amis toujours partant pour entendre des sons nouveaux, voilà on a fait le tour.
Pas de chance, personne n'était disponible. Je m'attendais donc à passer une soirée agréable certes, mais un retour de concert frustrant, personne avec qui partager les impressions, les émotions. La formation était un trio: piano, basse, batterie et un chanteur le tout agrémenté de divers instruments ethniques, le piano était couplé avec un séquenceur tandis qu'un Fender Rhodes participait à élargir le champ des sons possibles. Moi qui croyais être seul, je me trompais lourdement, nous étions trois: les musiciens, la musique et moi. Il faut entendre Omar Sosa jouer. Je n'ose pas dire improvisé car on le sait tellement perfectionniste que les impros d'un soir deviennent vite des morceaux structurés, balisés, gommés de toutes imperfections. Sur certains côtés, il fait penser à Keith Jarrett pour la liberté du jeu la dextérité et l'improvisation (supposée ou réelle?) auxquelles s'ajoutent une rythmique extraordinaire de complexité et une inventivité à coupé le souffle.
Effectivement, on passe du jazz au free en passant par des rythmes cubains, hip-hop, mauresquo-andalous et comme pour empêcher l'auditeur de ne pas être surpris, comme une vague sonore, un courant d'air musicale teinté de bossa, de samba ou de salsa vient balayer le tout et, lorsque l'on ne s'y attend pas, une ballade toute en finesse où l'excellence de son talent se conjugue avec la qualité sonore du Steinway & Sons. Mais là encore, aux détours de quelques accords improbables d'une richesse étonnante, se reflètent, comme presque suggérés, des moitiés de mesure jazz venue du Brésil, d'Afrique ou des Caraïbes.
Le concert s'est déroulé sans quasiment aucune coupure, les rappels, trois, et puis ils sont partis, nous laissant là avec la tête encore pleine d'accords et de rythmes novateurs.
Je croyais avoir un après-concert frustrant, mais en fait ce sont ceux qui n'y sont pas aller qui vont être frustrés.
Promis, la prochaine fois, j'insisterais...



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