Je repense aux moments de mon enfance où j’étais envahit par une joie intérieure immense à laquelle venait se visser la certitude d’avoir la vie entière devant moi, je ne sentais rien d’impossible et j’avais l’optimisme chevillé au corps. La vie était un long chemin ressemblant à une route claire et dégagée. Je respirais profondément et l’air qui rentrait dans mes poumons ne semblait pas avoir de mal à gonfler ma poitrine : je vivais !
Je ressentais une immense joie qui n’avais aucune cause, un peu comme quelqu’un qui est triste sans raison, j’étais heureux d’être en vie sans raison non plus, chaque moment qui passait était plein d’expériences nouvelles je ressentais une infinie envie de vivre, j’avais soif de nouveaux horizons, de nouvelles rencontres, je savais que quelque part quelqu’un m’attendait. Chaque matin était pour moi autant de promesse pleine d’espoir et comme le soleil qui s’insinuait dans les replis de mes rideaux de ma chambre, l’envie de vivre m’envahissait et m’inspirait de nouveaux scenarii pour la journée qui s’annonçait, j’avais tout à découvrir, tout à apprendre, je voulais me souvenir de chaque couleur, de chaque odeur, je priais pour que se grave dans ma mémoire l'mage des filles que je croisais ; je savais que j’aurais rendez-vous un jour avec l'une d'elles, j’ignorais l’endroit et l’heure, mais c’était certain et mes mains n’attendaient que le moment où elles se poseraient sur elle. Ce moment arriva à Paris, excusez du peu, place du Tertre un après-midi d’avril où j’embrassais pour la première fois une fille, elle s'appelait Corinne.

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