samedi 30 mai 2009

Lettre d'Amour



Mon amour,

Je n’ai jamais eu autant de mal à commencer une lettre, moi qui d’habitude écris comme je respire, respire comme je vis, vis comme je t’aime : avec passion, sincérité et sans limite.

Tout ce bouscule dans ma tête, tant de chose à dire, à faire ressentir et, par le papier, la magie nécessite tu talent pour faire vibrer les cavités mystérieuses de l’émotion, pour peu que l’on veuille qu’elle soit réelle et sincère.

Il y a pourtant des mots liés à des moments forts, des regards intenses et surtout, il y a tout ce qui ne se dit pas, ce qui se ressent. Tout est mêlé : ton regard, le satin de ta peau, ton parfum mélangé à ton odeur de femme, le toucher de ton corps arrondit, turgescent, galbé, chaud, humide, mais jamais froid. Tous ces éléments qui constituent la fusion qui transforme nos deux corps en une seule entité, citadelle imprenable voguant sur la mer d’un amour fou où le vent de la passion pousse ce vaisseau ardent dans les tumultes d’un plaisir déchirant où tes yeux écarquillés semblent chercher le point culminant, et tout se termine par le goût salé de ma jouissance dans ta bouche, comme une délivrance commune , à la fois petite mort et naissance d’un grand bonheur.

Je considère tout ce qui vient de toi comme un présent unique, un diamant brut que je dois tailler pour le faire briller de mille éclats, couleurs invisibles à l’œil qui aveugle l’esprit par l’intensité de notre amour.

L’esprit est là. Quoique l’on fasse l’émotion est intact, elle nous place au-dessus de tout ce qui ennuie, fragilise, perturbe ou pollue. C’est une dimension rare et exclusive réservée uniquement à ceux qui s’aiment d’abord, d’un grand amour véritable, l’amour physique n’étant là que pour le sublimer et lui donner ce si beau relief, instant sacré de nos deux vies ; et nos esprits étaient liés depuis longtemps, ils l’étaient bien avant que nos corps ne s’unissent.

Tout ces mots me viennent sans que je les cherche, ils ne me torturent pas pour sortir et j’ai plaisir à les relire (c’est rare !). J’ai conscience de l’importance, de la rareté et du privilège que constituent les moments que nous avons vécus, que nous vivons et qui nous reste à vivre. Et même si le terme te parait proche, celui lui donne que plus de prix.

Deux jours. Deux jours, c’est le maximum que je peux tenir sans entendre ta voix, au moins.

Lorsque le temps semble trop long, lorsque ton corps est trop loin, lorsque tes yeux ne croisent plus les miens, je repense à cette nuit forestière où le temps s’est arrêté, incapable de continuer à chercher à égrener ses secondes, et qui s’était respectueusement agenouillé aux seuils de nos vies, admirateur pour tant d’amour donné et reçu. La mort elle-même s’est trouvée intruse, invitée indésirable et s’en est allé, un moment, dépitée.

Mon Dieu, que ton sourire, que ton regard me manque, mon Dieu, que tu m’es indispensable !

jeudi 28 mai 2009

Acteurs ou victimes?


Là où l'union fait place à fusion, lorsque les l'alchimie d'un couple dépasse toutes les considérations scientifiques pour évoluer dans une sphère unique où les mots sont exempts , le temps même peine à garder sa place.
Cela doit être pour cela que l'on a inventer la poésie un moyen comme un autre d'essayer de donner un dimension convenue à quelque chose qui ne l'est pas.
Es-ce le corps qui commande l'esprit ou ce dernier qui l'inonde d'informations sensorielles qui le sature, brillant reflet de la magie qui s'opère.
A ce moment sont-ils des acteurs ou des victimes? Les profonds changements dont les amants sont l'objet les isolent du monde étranger à leur émoi. Ce qu'ils ressentent est à mi-chemin entre plaisir et douleur, cette indéfinissable impression d'être heureux de vivre ce qu'ils vivent et à la fois la crainte qu'il se termine, de la perdre.
La parole devient minoritaire car le dialogue se fait par l'échange des sens exacerbés fonctionnant comme des capteurs et ce qui se comprenait ou se devinait s'impose comme par une certitude saturée d'émotion où les esprits et les corps ne font plus qu'un.

mardi 26 mai 2009

Place du Tertre












Je repense aux moments de mon enfance où j’étais envahit par une joie intérieure immense à laquelle venait se visser la certitude d’avoir la vie entière devant moi, je ne sentais rien d’impossible et j’avais l’optimisme chevillé au corps. La vie était un long chemin ressemblant à une route claire et dégagée. Je respirais profondément et l’air qui rentrait dans mes poumons ne semblait pas avoir de mal à gonfler ma poitrine : je vivais !


Je ressentais une immense joie qui n’avais aucune cause, un peu comme quelqu’un qui est triste sans raison, j’étais heureux d’être en vie sans raison non plus, chaque moment qui passait était plein d’expériences nouvelles je ressentais une infinie envie de vivre, j’avais soif de nouveaux horizons, de nouvelles rencontres, je savais que quelque part quelqu’un m’attendait. Chaque matin était pour moi autant de promesse pleine d’espoir et comme le soleil qui s’insinuait dans les replis de mes rideaux de ma chambre, l’envie de vivre m’envahissait et m’inspirait de nouveaux scenarii pour la journée qui s’annonçait, j’avais tout à découvrir, tout à apprendre, je voulais me souvenir de chaque couleur, de chaque odeur, je priais pour que se grave dans ma mémoire l'mage des filles que je croisais ; je savais que j’aurais rendez-vous un jour avec l'une d'elles, j’ignorais l’endroit et l’heure, mais c’était certain et mes mains n’attendaient que le moment où elles se poseraient sur elle. Ce moment arriva à Paris, excusez du peu, place du Tertre un après-midi d’avril où j’embrassais pour la première fois une fille, elle s'appelait Corinne.

samedi 16 mai 2009

Depuis hier...



Depuis hier, je regarde les albums photos empilés dans le bas du meuble avec un autre regard, j’en été arrivé à penser que toutes ses photos avaient été prises pour rien, depuis longtemps personne ne les regardait et je pensais à l’argent engloutit pour ces souvenirs fixés sur papier.

Depuis hier, j’ai compris que ce n’était pas pour nous que ces photos avaient été faites , mais pour elles, pour nos filles.

En prenant tous ces clichés avions-nous la prétention d’arrêter ou du moins de ralentir la course inaltérable du temps ?

Depuis hier, en voyant cette jeune femme de vingt ans regarder ce qu’elle avait été vingt ans plutôt, j’ai compris la finalité de ces petits morceaux de papier, palier à ces quatre premières années où les souvenirs tardent à s’imprimer sur notre disque dur mémoriel.

A présent du tout numérique, les photos s’entassent virtuellement dans les mémoires digitales attendant qu’un jour aussi, par un clic de souris, un ancien enfant vienne compléter les souvenirs qui lui manque avant que lui-même ne commence, à son tour, à compiler les morceaux de vie qui aideront, plus tard, ses propres enfants à comprendre ce qu’ils ont été et d’où ils venaient.

Depuis hier le temps m’a gentiment poussé du coude afin de me rappeler qu’il fallait que je pense à faire un peu de place à celles qui, elles aussi, vont fabriquer leur passé.

jeudi 14 mai 2009

Elle est au Nord a 20 ans



Ma chérie, ma fille,
En Bretagne, on a coutume de dire que c'est par gros temps que l'on voit la valeur d'un marin et là, tu nous a prouvé que tu avais su faire face, rester sur le pont et dans le gros temps, rester debout.
Tu as gagné tes galons de Capitaine: Bienvenue à bord!
Je t'aime et je suis fier de toi.
Joyeux anniversaire!

dimanche 10 mai 2009

La révolution musicale numérique




L’évolution de la technologie est telle que l’industrie phonographique s’est fait surprendre par l’ampleur du phénomène, l’impression qui prédomine est celle d’une résistance qui sera au final vaine.

La dématérialisation du support musical numérique à surpris les plus prudents en s’amplifiant de manière exponentielle. S’appuyant sur le fait que la restitution du message musical numérique par le biais d’internet est d’une qualité bien inférieure à celle proposée par un CD, celle-ci étant directement liée à la qualité de l’encodage proposé, les différents acteurs du réseau ont sous-estimés l’impact de proposer un service disponible 24 / 24h concernant un catalogue de plusieurs millions de titres. Il y a trois raisons majeures à cela :

· La première, la plus évidente est que l’essentiel des personnes intéressées par ce produit sont des utilisateurs de baladeurs MP3 dont la restitution musicale fidèle reste très limitée par l’appareil lui-même

· La seconde est que la dématérialisation a supprimé définitivement le rapport physique, émotionnel voire sensuel que pouvez procurer le disque (CD et surtout vinyle)

· Enfin la troisième directement liée à la seconde est le choix colossal des titres proposés induit une nouvelle façon de consommer la musique et ce lié à la quasi impossibilité de « stocker » physiquement l’ensemble des titres écoutés

C’est bien la révolution numérique qui a touché l’industrie phonographique et va radicalement bouleverser tous les codes, créer de novelles habitudes, de nouvelles structures où seuls subsisteront ceux qui sauront s’adapter ou mieux, être les pionniers d'un monde encore à inventer.

C'est le silence qui est le vrai danger


Dans une démocratie, une réelle démocratie, il est essentiel que l’ensemble des acteurs de la vie politique puissent s’exprimer car en aucun cas le fait de bâillonner un courant de pensée, fusse-t-il antidémocratique ou xénophobe, aurait pour effet d’invalider les principes de ce dit courant.

En effet, comment peut-on se réclamer d’une démocratie « adulte et assumée » et utiliser les mêmes procédés que ceux que l’on veut combattre ? Comment établir une réelle légitimité si l’on bafoue les principes fondamentaux de la libre expression de ses adversaires ? Enfin, le principe de justifier le musellement d’un parti et de ses représentants n’est-il pas un aveu de faiblesse ?

Si danger il y a ce n’est pas dans la parole donnée à chacun, quel qu’il soit, mais assurément dans le manque d’intérêt que portent de plus en plus de nos concitoyens à l’expression du sulfrage universel. Le danger réside ici : non pas à ce que quelques uns parlent, mais que beaucoup « se taisent ».

En favorisant l’émergence des extrêmes, c’est l’abstention qui est la véritable ennemie de la démocratie.

vendredi 8 mai 2009

Information et internet



Il va falloir s’y habituer, l’information ayant déjà envahit notre quotidien, un changement majeur avec l’arrivée d’une nouvelle source va bouleverser notre approche de celle-ci : internet.

Si cette nouvelle peut être considérée comme une avancée remarquable, il convient toutefois de rester très prudent face à ce phénomène exponentiel et si chacun d’entre nous va pouvoir participer à son niveau, il est reste important de respecter les fondamentaux du journalisme : la vérification des informations. La qualité ainsi que la pertinence du sujet et de son contenu sont également tributaire de ceux qui les relayent. Effectivement, la qualité de l’information est directement liée aux motivations de ceux qui l’exploitent, de leurs motivations réelles ainsi qu’à l’importance portée aux sources.

Comme à chaque évolution d’un secteur, quel qu’il soit, il y a une première phase d’emballement où chacun ne veut voir que l’avancée sans en percevoir les dérives qui ne manquent pas d’apparaître au fur et à mesure.

Si l’on s’accorde à considérer cette évolution comme un moyen supplémentaire d’accéder à une information libre de tout contrôle, on peut également imaginer que certains vont l’utiliser pour véhiculer une désinformation favorable à leur cause.

La pertinence d’une information donnée revêt un intérêt très relatif en fonction de celui qui la reçoit, on peut prendre pour exemple le cas ressent de la grippe A H1N1 passant par ce moyen et en imaginer les conséquences. S’il n’est pas ici le sujet d’apprécier la façon dont cet événement à été traité, mais la panique que pourrait engendrer une telle information ou au contraire un manque de prise de conscience aurait des conséquences désastreuses.

L’autre effet pervers lié à la rapidité dont les événements sont mis à la disposition du public à rapport justement à l’accès à l’information des populations et à la possibilité pour elle d’y accéder, ce qui donne des situations étonnantes : lorsqu’un séisme se produit en Ouzbékistan, le quidam français écoutant France Info sur son MP3 à Paris reçoit cette information avant que les autres habitants vivant à cinq cent kilomètres de ce pays en soit eux-mêmes informés.

Pour terminer, il ne faut pas oublier ce lieu commun : trop d’information tue l’information et ce qu’elle soit rapide ou non.

Les rues de Barcelone


Ça fait déjà un moment que je voulais t’écrire, mais tu sais, je dois souffrir parfois de procrastination et le temps à passer sans que tu aies de mes nouvelles. J’imagine que tu as du tout imaginé pour expliquer ce silence.

Tu vois mon vieux Hugo, les rues de Barcelone ont la mémoire des rythmes et des sons auxquels viennent se mêler les rires de Maria-Luisa.

C’était délicat de pouvoir te parler d’elle sans évoquer des souvenirs que je savais encore très douloureux pour toi et je n’étais pas prêt à revoir la détresse s’installer dans ton regard lorsque j’allais évoquer ce que tu appelles la plus belle et cruelle rencontre de ta vie, juste avant ton départ. Je suis arrivé à me demander si tu n’avais pas, inconsciemment, mis en route le processus qui a abouti à son envol, un peu comme si tu avais toi-même miné le chemin que vous alliez prendre. Tu te comportais avec elle comme si tu appréhendais déjà ce qui allait se passer, une sorte de mémoire d’un futur que tu redoutais.

Cette façon si persuasive que tu avais de me dire que tu l’a connaissais, que tu l’avais rêvée ; le malaise dont tu parlais quelques jours avant votre rencontre, l’inexplicable attirance pour ce voyage à Barcelone toi qui ne supporte pas les villes trop grandes et ton acharnement pour que je t’accompagne, cette frénésie à chercher ce rendez-vous avec l’amour de ta vie. Je pensais au départ et tu plaisantais, une sorte de jeu auquel tu voulais me faire participer, comme si tu avais besoin d’un témoin, d’un narrateur de ta propre histoire.

Je te revois courir si vite, si follement pour aller à sa rencontre, à la rencontre d’une apparition d’un de tes rêves ; je te suivais avec le sentiment d’être le témoin d’un moment important, décisif pour toi.

Je me demande encore aujourd’hui si elle est entrée dans son rôle par jeu où si, comme tu me le dis, elle savait, elle aussi. Cette façon de trouver tout naturel lorsque c’est toi qui le décidait et la phrase qui résonne toujours dans ma mémoire où elle te disait « tu es le dernier homme de ma vie ». Je comprenais cette phrase et ton regard perdu dans le souvenir d’un présent déjà passé ne m’encourageait pas à être positif.

Votre disparition pour cause de coup de foudre réciproque ne pas laissé que de bons souvenirs, il m’était autorisé d’appréhender de voir partir des êtres aussi imprévisibles et le sentiment de m’attendre à quelque chose de dramatique ne me quittait pas. Je te savais à la fois grave et lucide, heureux et sans illusion sur un avenir que tu savais court.

J’aurais tellement voulu pouvoir te dire qu’elle était partie en Amérique du Sud ou en Inde qui la fascinait tant, mais les conclusions de l’enquête sont sans appel et le corps que l’on a retrouvé sur les rochers, en bas du sentier côtier qui mène à Cap Roig, est bien le sien.

Voilà pourquoi Hugo je ne me suis pas manifesté avant aujourd’hui et j’imagine quel va être ton désarroi à présent que tu as lu ma lettre, tu avais tellement l’espoir de la retrouver à Buenos Aires.

Alors que nous avions, il y a quelques temps, évoqué la possibilité de son trépas, tu avais eu cette réponse lapidaire que si c’était le cas, elle retournerait dans le pays si torturé de tes rêves, de là où elle n’aurait jamais du sortir.

mercredi 6 mai 2009

Sagesse, science fiction ou délire mystique?











Voici un texte dont je ne connais pas l'origine précise. On peut le considérer de différentes façons selon ses propres convictions, sa propre sensibilité ou plus simplement, son humeur.

A vous de donner votre opinion.


« De toute éternité ce qui se produit de vos jours, d’autres l’ont déjà vécus. Personne ne peut dire en effet que ce qu’il vit est nouveau car ce qui se passe dans vos temps est déjà survenu car vous en avez la trace, la mémoire. Mais tel le sot qui persiste à refaire ce qu’il l’a desservi, vous persistez dans les mêmes erreurs. Comment donc imaginer que les mêmes causes n’aient pas les mêmes effets ?

Vous savez que votre salut passe par la charité et l’humilité, que le malheur de vos frères sera demain le vôtre. Regardez aussi loin que vous le pouvez et vous verrez qu’à chaque fois que l’homme a privilégié le pouvoir et l’argent il a couru à sa perte. Des civilisations très avancées se sont effondrées victimes de l’égoïsme et de l’orgueil. De vos jours, vous avez mis la science au service du profit de quelques uns au détriment du plus grand nombre d’entre vous. Alors qu’il vous était donné de pouvoir vivre simplement pour que d’autres puissent tout simplement vivre, vous avez ruiné les ressources de toute votre planète, en un peu plus d’un siècle de votre temps, vous avez pillé tout ce que la nature m’était à votre disposition depuis des temps immémoriaux. Votre monde avait de quoi donné à chacun ce qui lui fallait, au lieu de cela vous avez organisé votre propre perte. Pour satisfaire votre seule vanité, votre appétit de pouvoir et de profit, vous avez organisé la mort des uns par excès, des autres par manque. Les conséquences des vos actes seront à la mesure le l’ignominie qui les a engendré. Alors que les voix des sages montent pour dénoncer tous ces excès et leurs ignobles conséquences, seuls les fous sont écoutés. Encore une fois tout est écrit, il suffit de lire pour savoir ce qui va advenir.

Sachez que vous pouvez, à votre mesure, aller à contre courant de cette folie en vivant dans la charité, l’humilité, la résignation et le respect de l’autre. Soyez donc à l’écoute de ce qu’il vous sera dit de différentes façons et par différents moyens. Soyez vigilants et ouverts afin d’écouter et d’entendre et ne perdez jamais l’espoir. Il faut que vous compreniez que les grands océans sont toujours composés d’une multitude de gouttes d’eau sans lesquelles ils n’existeraient pas. Aucune action n’est inutile ou moins importante qu’une autre.

Le jour où tout vous sera révélé se rapproche, à chacun le sien. Ne craignez pas ce passage, vous pouvez craindre le chemin qui y mène, mais sachez que vous retrouverez votre condition originelle après celui-ci.

Omar Sosa en concert



Hier soir, j'ai essayé de débaucher les quelques personnes susceptible de pouvoir aimer Omar Sosa, ils ne sont pas nombreuses: une amie de trente ans (ça rappelle quelqu'un...), une nièce sensible et curieuse, un couple d'amis toujours partant pour entendre des sons nouveaux, voilà on a fait le tour.
Pas de chance, personne n'était disponible. Je m'attendais donc à passer une soirée agréable certes, mais un retour de concert frustrant, personne avec qui partager les impressions, les émotions. La formation était un trio: piano, basse, batterie et un chanteur le tout agrémenté de divers instruments ethniques, le piano était couplé avec un séquenceur tandis qu'un Fender Rhodes participait à élargir le champ des sons possibles. Moi qui croyais être seul, je me trompais lourdement, nous étions trois: les musiciens, la musique et moi. Il faut entendre Omar Sosa jouer. Je n'ose pas dire improvisé car on le sait tellement perfectionniste que les impros d'un soir deviennent vite des morceaux structurés, balisés, gommés de toutes imperfections. Sur certains côtés, il fait penser à Keith Jarrett pour la liberté du jeu la dextérité et l'improvisation (supposée ou réelle?) auxquelles s'ajoutent une rythmique extraordinaire de complexité et une inventivité à coupé le souffle.
Effectivement, on passe du jazz au free en passant par des rythmes cubains, hip-hop, mauresquo-andalous et comme pour empêcher l'auditeur de ne pas être surpris, comme une vague sonore, un courant d'air musicale teinté de bossa, de samba ou de salsa vient balayer le tout et, lorsque l'on ne s'y attend pas, une ballade toute en finesse où l'excellence de son talent se conjugue avec la qualité sonore du Steinway & Sons. Mais là encore, aux détours de quelques accords improbables d'une richesse étonnante, se reflètent, comme presque suggérés, des moitiés de mesure jazz venue du Brésil, d'Afrique ou des Caraïbes.
Le concert s'est déroulé sans quasiment aucune coupure, les rappels, trois, et puis ils sont partis, nous laissant là avec la tête encore pleine d'accords et de rythmes novateurs.
Je croyais avoir un après-concert frustrant, mais en fait ce sont ceux qui n'y sont pas aller qui vont être frustrés.
Promis, la prochaine fois, j'insisterais...



mardi 5 mai 2009

Vous avez dit la crise ?...


Je ne sais pas ce que retiendra l’histoire de ce qui se passe actuellement, mais j’ai la profonde conviction que nous vivons relève plus d’une crise de civilisation que d’une crise économique comme l’on veut bien nous le faire admettre.
Les plus pessimistes diront en se référant au passé que l’histoire se déroule une nouvelle fois à l’identique, à savoir, d’abord une crise économique puis l’émergence d’une dictature qui précipitera le monde une nouvelle fois dans le chaos.
Pour ma part, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une crise économique, ni même d’une crise sociétale, mais bien d’une crise de civilisation. Effectivement, après avoir constaté tristement l’échec du socialo-communisme, nous avons vu s’installer autour de nous l’horreur économique d’un capitalisme irresponsable où les criantes disparités n’ont fait que se creuser. En reprenant les propos de Mme TATCHER qui affirmait dans les années 70/80 que la société n’existait pas, il y avait seulement des individualités toutes préoccupées par leur seul intérêt et qu’il convenait de donner à chacun la possibilité de réaliser le plus de profit, et tant pis pour les autres.
Ce paradoxe inacceptable consistant à voir les riches devenir de plus en plus en riche et les plus démunis s’enfoncer encore un peu plus dans l’extrême pauvreté nous semble tout à coup insupportable, et pourtant… nous pouvons lire ici où là la stupéfaction de certains devant une prise de conscience aussi tardive que bien venue car elle les menace de plus en plus précisément. Un peu comme si nous découvrions tout cela, comme si nous n’étions pas à l’ère de la sur information, de la communication immédiate, de l’analyse en temps réelle pour une anticipation de tous les problèmes avant qu’ils n’apparaissent. Apparemment soit la machine était bien mal conçue ou pire, nous avons feint d’ignorer ce que nous savions déjà et là, j’hésite entre colère, haine et dégoût. Si je parle de cela, ce n’est pas pour me dédouaner de toutes responsabilités dans cet état de fait car ceux qui souffrent je les ai vus autant que les autres, ceux qui sont morts de froid, de désespoir, ceux à qui je n’ai pas eu le courage d’adresser un regard qui aurait témoigné au moins de ma considération pour eux sinon de mon engagement. Les enfants, qui depuis plusieurs décennies à présent meurent de faim, m’ont permis de pouvoir assister à des concerts planétaires où chacun venait se donner bonne conscience, de regarder bien tranquillement des reportages engagés en première partie de soirée où je terminais mon repas regardant des médecins sublimes de dignité choisir lesquels de ces enfants pourraient vivre un jour de plus. Étrange contraste que le choix de ces hommes qui avait le pouvoir de vie ou de mort dans cet endroit privé de tout, même de la dignité, qui contrastait avec l’indécente abondance qui venait de nous être faites par le truchement d’une publicité nous ventant la façon de pouvoir manger encore plus sans craindre pour notre santé.
Je pense effectivement que nous sommes à l’heure où tous les oubliés, les méprisés, les sacrifiés vont se lever pour crier leurs révoltes désespérées, à l’heure des comptes. Afin de pouvoir encore accroitre des profits de plus en plus importants, on a laissé ruiner notre planète. En seulement un siècle, nous avons massacré un patrimoine qui pouvait durer des siècles, m’étant en péril notre avenir et surtout celui de nos enfants. Il y avait de tout et pour tous et la cupidité imbécile, l’égoïsme suicidaire a précipité notre propre perte. Non seulement nous avons fait preuve d’un mépris pour la terre et la nature qui nous accueille, mais nous avons laissé délibérément affamer ceux qui vivaient sur les terres qui ont été systématiquement pillées.
Gageons qu’il y aura bien quelques natures bien disposées à profiter de cela pour tirer profit du chaos qui va venir et je ne parierais pas que, cette fois-ci, nous soyons du côté des épargnés, des chanceux, des nantis.

Nous aurons au moins la consolation de comprendre ce qui nous arrive et le remord de n’avoir rien fait pour nous et donc pour eux, pour nous tous.

Lettre à Kriss











Comme beaucoup de ma génération j'ai découvert la radio grâce à des talents comme Kriss de France Inter. Comme beaucoup j'ai eu envie de lui témoigner mon amitié ainsi que ma reconnaissance pour tout ce qu'elle nous a apporté avec intelligence depuis tant d'années le tout dans un mail:

Bonjour Kriss,
Je viens de lire votre "petit mot" où vous faites part de l''épreuve que vous vivez et je veux vous assurez de mes pensées les plus positives et sincères pour vous. Je vous ai découvert dans ''L''oreille en coin", alors adolescent, vous m''avez appris à conjuguer sans faute liberté et sensibilité, l''art de la critique avec humour et respect. Vous êtes comme une grande sœur qui a toujours rythmé avec élégance et finesse toute ma vie. Vous avez ouvert ma curiosité sur bien des sujets avec intelligence et votre esprit à toujours su vous faire éviter la médiocrité, la facilité et l''orgueil. Je voudrais que vous receviez ces mots comme un compliment sincère de quelqu''un qui vous remercie de tout ce que vous lui avez apporté, non pas un "fan" qui érotise un sentiment diffus, comme un hommage mérité à votre talent teinté de cet indispensable liberté qui nous donne tant d''air. Si les pensées sincères peuvent vous soutenir dans les moments difficiles,
si les mots peuvent se transformer en pansements tendrement teintés d''espoir, et si les marques d''amitié qui les accompagnent peuvent vous donner la force de continuer de vous battre, cela sera qu''un juste retour des choses par rapport à tout ce que vous nous donnez avec tant de générosité. Merci.


lundi 4 mai 2009

Le premier message


Bonjour,
J'en avais assez de publier sur les blogs des autres, de réagir a ce qui avait été déjà écrit alors que j'avais un réel besoin de faire part de mes humeurs par rapport à ce que nous vivons, ce que nous entendons et ce dans un soucis de respect, de responsabilité et loin de toute couleur politique, religieuse ou monétaire. Une façon de pouvoir confronter mes billets d'humeur aux réactions de ceux qui, peut être, les liront.
A tous, bienvenue sur mon blog si vous voulez échanger.
L'assut