vendredi 2 avril 2010

TSUNAMI


Nous avons bien tord de penser que la façon dont est organisée notre société n'est nocive que pour ceux qu'elle écrase. Effectivement, s'il doit y avoir des perdants, nous sommes tous concernés. La courte vue qui consiste à prendre en compte notre relatif bonheur immédiat est un leurre car si un des effets les plus visibles de "l'horreur économique" est de rendre évidente une intolérable et cruelle injustice basée sur un égoïsme étatisé, les conséquences encore plus dures et irréversible sont à venir. Pour satisfaire l'orgueil et la soif de pouvoir des uns, la vanité et la cruauté des autres, on a tout détruit. Je parle au présent tout à fait lucidement car quoiqu'il soit entrepris aujourd'hui nous devrons, ainsi que nos enfants, payer le prix de notre folie, de notre égoïsme, enfin de notre bêtise; car c'est notre propre perte que nous avons programmée et lorsque les éléments se déchaineront, il n'y aura pas de différence qui sera faite pour la destruction massive de notre monde. Loin de toute religion, de tout parti ou de toute doctrine philosophique, le fait est là : en méprisant les plus démunis de nos semblables, c'est nous mêmes que nous avons méprisés.

dimanche 28 mars 2010

Que restera-t-il?


Que restera-t-il de nous, dis- moi? Que restera-t-il? Un souvenir diffus, délayé par les années, de quelque chose qui aura marqué nos vies définitivement, souvenir si intense qu'il sera assimilé à un rêve. Il restera également ces impressions d'inachevé, de culpabilité, de gâchis, d'injustice, ce sentiment d'être, toi et moi, chacun dans sa prison dorée. Nous avons appris à écouter le silence de l'autre qui nous dit combien il nous aime; nous avons appris a tué le temps car, comme toutes les choses vraiment importantes, il n'a plus d'emprises sur nos sentiments. Les corps vieillissent, les espoirs se rétrécissent accordant de plus en plus de place aux compromissions qui nous tuent plus surement que tous nos cancers réunis. Dans les moments les plus difficiles, il reste toi que j'appelle pour ne pas sombrer et les jours, de plus en plus rare, où je trouve aucun obstacle à regarder mon ciel trop bleu, je ne peux profiter de mon bonheur sans avoir le regret que tu ne sois pas là pour le partager avec moi. La vie se termine, mais le sentiment lui restera intact et je me demande par quel moyen il continuera à s'exprimer une fois que je serais adressé? Ce qui me console, tu vois, c'est que j'ai cette certitude persistante que je ne te quitterais pas totalement. Et pourtant, que pourrais-je attendre encore? Il ne sera, bien sur, plus jamais question d'exprimer notre amour par le langage des corps, le temps à passé, alors, qu'es ce que je regrette aujourd'hui? Je partage avec toi ce que beaucoup de personnes n'auront jamais, le nectar de la relation à deux, cet état fusionnel qui nous permet de rester en contact, faisant fis de toutes les distances, du jour, de la nuit et du temps. Nous arrivons à passer outre toutes les barrières des contraintes humaines comme ils disent, ceux qui nous regarde parfois d'un air amusé, d'une tendresse partagée souvent, eux, ils savent à quel point tout cela est précieux. Alors, avant qu'il soit vraiment trop tard, avant que la vie ne quitte définitivement ce corps qui ne cesse de me trahir, je ne t'écris pas ces deux mots que je n'ose plus dire et qui, lorsque je les entend, semblent me rapprocher du ciel.

samedi 27 mars 2010

Lettre à Hugo III


Bonjour Hugo,
Je te donne une fois de plus des nouvelles entre deux embarquements. Tu avais raison: il serait temps que je me demande ce que je fuis avec autant d'assiduité. Que veux-tu, j'aime arrivé, le reste m'ennuie. Pourtant, toutes les lieux dont je te parle sont essentiels pour moi et si je m'en vais, ce n'est pas par lâcheté, mais parce qu'il me tarde de recommencer quelque chose. Je ne sais plus qui disait: "j'aime trop les commencements pour pouvoir aimer le reste", c'est ça, j'aime commencer. Découvrir, rencontrer, apprivoiser, séduire, être à chaque fois moi-même et un autre totalement différent.
Tu vois Hugo, s'il y a quelqu'un qui me connait bien, c'est bien toi; toi qui m'accepte tel que je suis et ne s'arrête pas aux apparences qui m'ont joués, malheureusement, tant de mauvais tours. J'aime aimé, mais je ne veux pas m'enfermer dans une relation qui serait pour moi une prison. La belle brune de Barcelone l'a bien compris et me laisse partir pour que je puisse mieux revenir. Elle profite du moment présent sans se demander combien de temps il va durer; je sais que je peux partir à tous moments, je suis libre d'être, c'est tout. En échange, je lui donne à peindre tous mes délires, mes sans écrire, mes témoignages muets aux conclusions incertaines, mes pensées aux structures fragiles dans lesquels s'engouffre le souffle brûlants de mes passions; mon envie de vivre plus forte que toutes les morts, balayant d'un revers imparable tous les envies de suicide romantique ou désespéré. Je ne sais quand tout cela va s'arrêter, ce qui est sur, c'est que la vieillesse s'accommodera mal de ce rythme; tant pis pour elle, je ne la verrai pas.
A bientôt Hugo

jeudi 25 mars 2010

L'oeuvre de toute une vie


"La jeunesse perdue", tel aurait du être le titre du second roman de Mireille HAVET, que la solitude et la misère de la drogue l'ont empêché d'écrire. "Vous avez tout pour réussir" lui avait-on dit, tout, sauf le socle rassurant et essentiel d'une famille présente et aimante qui aurait pu lui éviter de tomber dans les pièges de ce monde détruit, d'une part par "la grande guerre" et comme si la mort n'avait pas eu son cota de trépas, elle va y rajouter la terrible grippe espagnole qui emportera plus de dix-huit millions de vies dont celle de Guillaume Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, dit Guillaume Apollinaire, celui qui l'appelait "la petite poyetesse".
La jeunesse perdue existe en fait, c'est une œuvre colossale, une dizaine de cahiers, des feuillets, des correspondances, l'œuvre de toute une vie.






mardi 23 mars 2010

Mireille et Nathalie




Il y a ceux qui ont une vie bien rangée, millimétrée, planifiée et qui vivent durant de longues années en attendant une mort bien tranquille elle aussi. Pour une autre, comme le dit Philippe DELAROCHE : "Passée abruptement de la condition de mortel à l'état de cadavre, elle n'a pu vivre toute sa vie, elle n'a pas pu aimer tout son amour, ni mourir toute sa mort". Voilà résumé avec talent ce que l'on peut dire de Mireille HAVET, destin auquel on peut comparer celui de Nathalie CLIFFORD BARNEY qui lui est en tous points opposé. Quand l'une est riche et sûre d'elle-même, l'autre est pauvre, entretenue et l'esclave d'une trop grande sensualité, mal maîtrisée, subie et qui l'a mènera à la mort par un chemin de vie qui ressemble à un calvaire. Mireille HAVET sera l'enfant perdue d'un siècle qui commença par une boucherie inimaginable, une saignée gigantesque, une indescriptible apocalypse. Quand l'une utilise les drogues comme un moyen contrôlé d'exacerber ses sens et ses sensuels délires, l'autre y plonge avec délice et sans retenue jusqu'au néant. Lorsque Nathalie est un témoin de son temps, une entremetteuse de talents éclairée, Mireille est un feu follet séduisant et tragique qui, presque un siècle plus tard, possède ceux qui la lisent par une telle envie de vivre, une sensualité si attachante.

vendredi 26 février 2010

Cette voix qui crie vers vous, c'est celle de Mireille HAVET




Lire le journal de Mireille HAVET, c'est écouter sa voix qui s'est éteinte il y a 78 ans aujoud'hui. Voilà une enfant du siècle diablement moderne dans son itinéraire qui n'a rien à envier à Janis JOPLIN, Jim MORISSON ou Jimi HENDRIX. Après quelques poèmes et un roman, tous ceux qui croyaient en elle on attendu en vain le roman qu'elle ne finira jamais et qu'elle voulait appeler prémonitoirement "La jeunesse perdue".


Alors que l'oubli devait être total, voici qu'à la faveur d'un dégât des eaux on retrouve "l'Oeuvre", elle qui rêvait que son nom contienne la particule lointaine de la famille de sa mère (Mireille HAVET de SOYECOURT), voilà qu'avec son journal tenu de 1913 à 1929, elle gagne réellement son titre de noblesse littéraire, elle retrouve toute sa voix, toute sa vie et tant d'années après sa disparition elle semble plus vivante que jamais.


Lire son journal, c'est retrouver une proximité stupéfiante avec son auteure. Effectivement, jusqu'aux dernières pages, elle reste d'une lucidité sidérente, ne s'accordant aucune circonstance atténuante, parlant avec la même passion de ce qui la détruit, qu'elle aime, qu'elle hait et lui ai pourtant indispensable.


On ne sort pas indemne de ce voyage dans le temps, de ce cri de détresse qui
résonne encore aujourd'hui comme une plainte à la fois contemporaine et déchirante.

mercredi 25 novembre 2009

Aujourd'hui, je suis très Krisste....


Huit heures ce matin, je pousse la porte de mon bureau. J'ouvre la fenêtre et l'air frais, presque froid, penètre dans la pièce, je reste à le respirer profondément en fermant les yeux. L'ordinateur à côté de moi mouline et restaure les différents paramètres pour une nouvelle journée de travail. Enfin, l'image se stabilise et apparait en fond d'écran Kriss (alias Corinne Gorse), agenouillée dans le désert, un sourire accroché aux lèvres. Je la regarde.

Je referme la fenêtre, l'air que je trouvais si frais et agréable devient vraiment froid et déplaisant, la lumière de la lampe qui d'habitude est tamisée et discrète devient blafarde et blême. Aujourd'hui, mercredi 25 novembre 2009, n'est pas un jour comme les autres, aujourd'hui à 11h30 dans la petite commune de Prunay en Yvelines (78), on enterre Corinne Gorse, Kriss Grafitti, La Kriss, notre Kriss.

Repose en paix, nous ici, on ne t'oublie pas.

vendredi 20 novembre 2009

Hommage à Kriss



Il y a des moment comme celui-là où l'on s'aperçoit que la peine que l'on porte là, tout au fond de son cœur, est partagée par d'autres, pleins d'autres. Des gens qui comme vous on partagé la liberté, la sensibilité et l'esprit novateur d'une grande sœur, d'une amie, presque d'une confidente. Kriss était tout cela à la fois. Nous avons grandi, vieilli et surement muri avec elle, peut être un peu grâce à elle qui savait si bien parler pour les autres. Au revoir donc grand' sœur, nous n'oublierons pas ton portrait sensible à présent que tu peux déguster ton crumble en roue libre, libérée de toutes tes douleurs.

lundi 14 septembre 2009

Une autre vie


Nous avons à présent une autre vie à réinventer et une autre à oublier. A présent qu'elles sont parties toutes les deux nous n'avions pas d'autre choix que ré-imaginer la maison et notre vie autrement.
J'ai touché aux fondamentaux qui constituaient notre quotidien, des objets qui ont marqués les 26 dernières années que nous avons passées ensemble avec ma femmes et mes filles :
un de nos canapés en cuir de buffle blanc, premier achat que nous avons fait alors que nous n'étions pas encore mariés
le lit jumeaux des filles qui avait marqué un passage important dans leurs vies : elles devenaient grandes!
La niche du chien, en fait je devrais dire la niche tout court car aucun de nos chiens ni a élu domicile, mais elle a trôné dans le jardin durant vingt ans
Cela nous a pris environ deux semaines, un peu chaque soir, pour effacer les traces d'une vie qui nous servaient de repaires rassurants, ils nous permettaient de tenir le coup lors des passages difficiles de ces dernières années. J'ai le sentiment d'avoir déménagé sans changer de maison, il fallait faire quelque chose de fort, aussi fort que de voir les filles partir, ce qui est normal et rassurant pour elles et je n'aurais pas supporter de passer plus longtemps devant cette chambre vide attendant un retour hypothétique, un peu comme des parents qui font d'une chambre un mausolée à la mémoire d'un enfant qui ne reviendra jamais.
Mes filles ne me manque pas tant que je sais qu'elles ne manquent matériellement de rien car pour l'attention et l'amour que je leurs porte la distance n'y changera jamais rien.

lundi 17 août 2009

Lette à Hugo II : le nectar de ce que fut votre relation


Salut Hugo,

Je reviens de cette ville que tu aimes tant du sud ouest de la France et que je viens de découvrir ; une ville qui veut se donner des airs de capitale par son architecture alors que la nonchalance de ses habitants efface tous les efforts qu’elle peut déployer afin de le laisser croire.

J’en ai profité pour aller voir cette fille incroyable dont tu m’avais parlé et pour laquelle je n’avais que curiosité et impatience. Curiosité de rencontrer au moins une personne qui trouvait grâce à tes yeux et impatience d’entrevoir à quoi pouvait ressembler ce petit bout de femme qui avait tant impressionné cet ours renfermé et hermétique à toute sensiblerie qui me sert d’ami et de confident.

Je dois dire que la description que tu m’avais donnée était en deçà de la vérité : cette femme porte en elle une beauté intérieure fascinante, un regard à la fois profond et désespéré, une sorte de sensation troublante qui fait croire à la fois qu’elle possède une force intérieure immense et un désespoir apprivoisé. Il faut dire que la simple évocation de ton nom ainsi que des liens étroits qui nous lient ont grandement facilité la prise de contact et très vite j’ai pu me faire une idée sur cette vie si particulière qui est la sienne.

Je pense tout à fait honnêtement que peu de personnes auraient la force de vivre ce qu’elle vit : elle ne lâche rien, ne fait aucune concession sur ses choix et, comme toutes les personnes fortes, attirent auprès d’elle une ribambelle d’êtres à l’affectif boiteux, au choix indécis, des amputés du cœur que d’autre montre du nez, elle, elle les accueillent et les comprend et même si elle en souffre, elle continue à surnager dans cet océan de malentendus où chacun semble occuper la place de l’autre en déployant des trésors d’ingéniosité pour oublier ce qu’il est réellement. Entre un ami qui l’aime comme une amie et une amie qui voudrait l’aimer comme un ami, tout parait autour d’elle être à l’envers.

Dans ce joyeux bric à brac affectif, pas facile de si retrouver je te l’accorde, connaissant ton goût pour la difficulté et les situations pas trop académiques, je comprends que tu es craqué pour cette féminine à la tendresse infinie qui a su faire bouillir ton sang de vieux loup solitaire et gageons qu’elle est une faim de louve pour apaiser ta faim de loup.

Tu restes d’ailleurs une pièce à part dans ce puzzle sentimental et amoureux, une parenthèse que vous avez apparemment sagement refermé afin que ne subsiste qu’un mélange de tendresse, de respect et de confiance qui donne envie ; le nectar de ce que fut votre relation.

Salut Hugo,
Je reviens de cette ville que tu aimes tant du sud ouest de la France et que je viens de découvrir ; une ville qui veut se donner des airs de capitale par son architecture alors que la nonchalance de ses habitants efface tous les efforts qu’elle peut déployer afin de le laisser croire.
J’en ai profité pour aller voir cette fille incroyable dont tu m’avais parlé et pour laquelle je n’avais que curiosité et impatience. Curiosité de rencontrer au moins une personne qui trouvait grâce à tes yeux et impatience d’entrevoir à quoi pouvait ressembler ce petit bout de femme qui avait tant impressionné cet ours renfermé et hermétique à toute sensiblerie qui me sert d’ami et de confident.
Je dois dire que la description que tu m’avais donnée était en deçà de la vérité : cette femme porte en elle une beauté intérieure fascinante, un regard à la fois profond et désespéré, une sorte de sensation troublante qui fait croire à la fois qu’elle possède une force intérieure immense et un désespoir apprivoisé. Il faut dire que la simple évocation de ton nom ainsi que des liens étroits qui nous lient ont grandement facilité la prise de contact et très vite j’ai pu me faire une idée sur cette vie si particulière qui est la sienne.
Je pense tout à fait honnêtement que peu de personnes auraient la force de vivre ce qu’elle vit : elle ne lâche rien, ne fait aucune concession sur ses choix et, comme toutes les personnes fortes, attirent auprès d’elle une ribambelle d’êtres à l’affectif boiteux, au choix indécis, des amputés du cœur que d’autre montre du nez, elle, elle les accueillent et les comprend et même si elle en souffre, elle continue à surnager dans cet océan de malentendus où chacun semble occuper la place de l’autre en déployant des trésors d’ingéniosité pour oublier ce qu’il est réellement. Entre un ami qui l’aime comme une amie et une amie qui voudrait l’aimer comme un ami, tout parait autour d’elle être à l’envers.
Dans ce joyeux bric à brac affectif, pas facile de si retrouver je te l’accorde, connaissant ton goût pour la difficulté et les situations pas trop académiques, je comprends que tu es craqué pour cette féminine à la tendresse infinie qui a su faire bouillir ton sang de vieux loup solitaire et gageons qu’elle est une faim de louve pour apaiser ta faim de loup.
Tu restes d’ailleurs une pièce à part dans ce puzzle sentimental et amoureux, une parenthèse que vous avez apparemment sagement refermé afin que ne subsiste qu’un mélange de tendresse, de respect et de confiance qui donne envie ; le nectar de ce que fut votre relation.

mercredi 15 juillet 2009

Vengeance ou justice?


La dérive à laquelle nous assistons actuellement me semble dangereuse. L'influence du pouvoir politique dans les décisions du pouvoir judiciaire me paraît nuisible à la justice elle-même et, à plus ou moins grande échéance, à la structure même de notre démocratie.
Qu'une victime directement touchée soit dans l'émotion incontrôlable ait un comportement extrême cela peut se comprendre: la victime demande vengeance, son avocat doit réclamer justice.
Le fait de voir des décisions de justice contestées par l'opinion publique n'est pas choquant; chacun peut exprimer son approbation ou sa désapprobation selon sa sensibilité; qu'un membre du pouvoir exécutif fasse pression sur le pouvoir judiciaire l'ai beaucoup plus. Comment accepter de voir une décision rendue dans le solennelle discernement de cette institution indépendante remise en question par le pouvoir politique sans en imaginer la lente et dangereuse évolution vers un état totalitaire et répressif?
Si l'on ajoute à cela la suppression du juge d'instruction ainsi que l'accumulation de nouvelles lois liberticides, il paraît légitime d'être inquiet et de le dire tant que l'on peut encore…

mercredi 8 juillet 2009

Mickaël Jackson Circus


Mardi soir, nous avons eu droit à une soirée ‘Spécial Flying Bambi’, en fait une gigantesque mascarade mondiale où même les meilleurs ont été obligés de s’y coller ! Effectivement, sur quasiment toutes les chaines, l’hommage à Michaël Jackson était unanime. On peut légitimement se poser la question de la sincérité de cet événement, de savoir à qui cela pouvait réellement profiter se déferlement de bons sentiments dégoulinants d’émotion de circonstance. Une seule personne était absente : Diana Ross. Une amie d’enfance de la star décédée et qui a préféré ne pas donner en spectacle sa réelle émotion, une émotion qui n’a rien à voir avec cette apologie de mauvais goût et de faux sentiments enrobés dans un show musico-macabre.

Il y a à peine un mois, personne n’aurait parié un copeck sur cet artiste. On a semble-t-il oublié très vite que cette star sur le retour avait son aura entachée par des présomptions de pédophilie et que ceux même qui pleuraient comme des veaux la considéraient alors comme infréquentable. Mais la mort change tout y compris les valeurs morales et les capacités mnésiques de ceux qui peuvent se faire un maximum d’argent autour de la fin pitoyable d’une star déchue.

On peut également se demander ce que la planète VIP/Showbiz fera lors du décès de dinosaures tels que Paul Mc Cartney, Mick Jagger, Eric Clapton ou encore David Bowie qui sont des réelles légendes musicales vivantes et qui ont influencés directement celui même qui vient de partir.

samedi 4 juillet 2009

L'anniversaire

C’est avec beaucoup d’émotion que je te souhaite un joyeux anniversaire pas comme les autres puisqu’il s’agit de t’accompagner pour ton quart de siècle ! Quoi te dire que tu ne saches déjà ?

Lorsque nous avons été voir Alice Russell, j’ai découvert une nièce que je ne soupçonnais pas à la fois forte et sensible, honnête et exigeante avec elle-même, consciente de ses points forts comme faibles, éloignée de toute médiocrité, ni jalouse, ni envieuse.

Tu vois, j’ai plaisir à te voir te rapprocher de ta cousine qui est fière de la confiance que tu lui témoignes, ou la collaboration avec ton frère pour le site de ton travail, vous le savez, je vous aime profondément tous les deux, pas comme mes enfants bien sur, mes vous m’êtes aussi précieux et je reconnais en vous toutes les valeurs communes entre ta mère et moi, véritables valeurs morales essentielles et nécessaires pour faire de vous des personnes uniques, debout et libres.

Tu es une personne à la sensibilité rare, je dis bien sensibilité pas sensiblerie, je peux te parler de la vidéo de David Bowie au Live Aid interprétant "Heroes" lorsqu'il prend la main de la saxophoniste Clair Hearts avec une spontanéité et une tendresse magnifique, tu partageras cette émotion sans un mot avec l'élégance et la finesse qui sont tiennes.

L’épreuve que je viens de traverser marque, je le sais, un tournant dans mon existence, un peu comme dans un marathon où le tintement de la cloche marque le dernier tour de piste. Je n’ai pas peur et je ne me plaints pas non plus, la vie m’a épargné dans l’ensemble et j’espère seulement pouvoir terminer ce que j’ai entrepris, c'est-à-dire accompagner mes filles jusqu’à la porte de leur vie, espérant que je pourrais leur lâcher la main par ma propre volonté, le devoir accompli.

Je n’aurais qu’un seul regret en fait, et il vous concerne toi et ton frère : je n’aurais pas le plaisir de vous voir vous épanouir, devenir ces gens tellement bien que j’aurais été fiers de côtoyer.

Mes convictions philosophiques et spirituelles ne me font pas craindre la fin de cette vie, j’aurais aimé simplement avoir un peu plus de temps pour vous voir ouvrir vos ailes.

Je t’embrasse très fort et encore un joyeux anniversaire.

dimanche 14 juin 2009

Handicap


Depuis des décennies que nous nous acharnions à détruire tous les fourrés, les talus, nous venons de nous apercevoir que ceux-ci étaient important pour l’équilibre de l’environnement, en fait nous venons tout simplement de comprendre que tout est lié, rien ne peu se faire sans qu’il ai un retentissement sur l’ensemble de ce qui nous entoure.

Les babas cool des années soixante dix sont partis dans le Larzac pour y faire pousser des chèvres comme on avait plaisir à la dire, les prenant au mieux pour de doux rêveurs, au pire, pour des empêcheurs de consommer en rond.

Il y a eu, vers la même époque, la première émission sur ce que l’on n’appelait pas encore l’écologie et qui nous apprenait un mot que beaucoup ne connaissait pas : la pollution. A cette époque, cela consistait à prendre conscience que vidanger sa voiture en pleine forêt ce n’est pas bien et lorsque l’on se promenait dans la rue, il n’était pas bien de jeter ses papiers par terre. Durant ce temps là, on faisait exploser des bombes H en plein désert sans se préoccuper des conséquences, on déversait des tonnes de produits toxiques dans les rivières et les océans sans se poser plus de question ; tout allait bien puisque c’était pour le progrès, tout le monde avait un bon travail et pour longtemps, l’idée même que l’on allait léguer la plus grande catastrophe planétaire à nos enfants ne nous effleurait même pas.

Et puis quelques pétroliers éventrés, une centrale nucléaire et son environnement anéantit plus tard, on a découvert l’écologie. On ne pouvait pas faire n’importe quoi n’importe comment n’importe où. On a commencé à penser qu’il serait bon de ne pas continuer à faire tout cela car, pour le coup, il s’agissait bien de l’ensemble de l’humanité qui était concernée. Tant qu’il s’agissait de voir mourir les trois quart des hommes de faim, de maladie, de guerre, cela ne gênait personne, mais là on s’est aperçu que la branche que l’on sciait était la même pour tout le monde. Nous ne sommes pas devenus charitables d’un seul coup non, là encore la réaction est parfaitement égoïste.

Force est de constater que les talus, les fourrés, les arbres plantés stupidement plantés au plein milieu d’un champ n’étaient pas inutiles, on les trouvait pas beaux, mais ils participaient à l’équilibre de notre organisation planétaire, le plus petit était utile au plus grand.

Et bien c’est la même chose pour ceux d’entres nous qui sont handicapés, lorsqu’ils sont là et que l’on ne peut pas faire autrement, on s’en occupe le mieux possible, on essaie de tout faire pour qu’ils puissent mieux vivre, minorer les conséquences de leur handicap, on se donne bonne conscience en utilisant la bonne volonté des meilleurs d’entre nous, mais au fond lorsqu’il s’agit de porter un regard sur eux, cela nous gêne, on hésite entre la pitié et la lâcheté, quel beau dilemme.

Alors germe dans l’esprit bien né de grand humaniste la possibilité de pouvoir éradiquer le problème à la source, comme on a fait pour le maïs, on va bricoler les gênes afin qu’il naisse de moins en moins de personne handicapée, n’es ce pas charitable de penser ainsi à son prochain avec tant de vertu ? Est-on sur au moins des véritables motivations qui anime ceux qui envisage cela ?

Ne serais-ce pas les mêmes qui éliminaient les talus et les fossés ? La vue des personnes handicapées nous dérange-t-elle à ce point ? Il faut croire que oui. Et pourtant, après avoir écouté des handicapés visuels parler de leurs vies, de leurs joies, de la blessure que provoque l’attitude des autres, de nous, nous qui avons tout, nous qui ne savons que leur donner au mieux notre pitié, au pire notre argent comme pour nous dédouaner, payer un impôt sur le bonheur d’être en bonne santé, après les avoir écoutés parler avec des mots simples de leurs souffrances, du long chemin que représente le fait d’accepter son handicap, je me suis demandé qui étaient réellement les personnes handicapées ? Ceux qui avancent dans la nuit perpétuelles, dans un fauteuil, avec des cannes pour rester debout ou nous, nous tous, les handicapés de l’humilité, de la charité. Bien sur qu’ils sont clairvoyant, debout et bien droit et ils sont là pour nous montrer tout notre égoïsme, notre orgueil ; lorsque nous les ignorons, ces nous que nous ignorons, c’est nous que nous laissons seuls, vides de toutes valeurs humaines.

Soyons assez intelligents pour nous souvenir de ce proverbe arabe qui disait :

« lorsque l’on garde quelque chose à soi, on le perd pour toujours et lorsque l’on donne quelque chose, on le conserve toute la vie »

lundi 8 juin 2009

La télé, c'est quoi?



Le film « Home » à participer à la ruée des électeurs sur les voix de Daniel Cohn-Bendit, le scoop !..., zut, j’avais oublié que la télévision pouvait être un formidable outil pédagogique avant que les différents marchands décident d’en faire cet écran trop plein de ce vide désespérant. Je ne sais plus quel pionnier de l’audiovisuel, arrivant à la fin de sa vie, avait confié à un jeune journaliste venu l’interweaver :

« vous voyez jeune homme, j’ai toujours regretté que l’on ai pas eu le courage de faire de la télévision ce qu’elle aurait toujours du être : une fantastique machine à apprendre ».

Eh oui, ça peut être cela aussi la télé, une machine à appendre qui n’aliène pas ceux qui la regarde. On redécouvre, petit à petit, que l’on peut faire autrement que ce que l’on nous dit de faire. Le pouvoir à voulu supprimer la publicité sur les chaines publiques et ce fut tout de suite une levée de bouclier ; on allait asphyxier le service public en lui retirant la manne publicitaire, et peut être cela arrivera malheureusement.

En attendant, les gens ont découvert que la télévision pouvait être supportable lorsqu’elle n’était pas parasitée par la publicité. Mince !, ce n’est pas ce que l’on voulait faire ! Il faut vite faire quelque chose pour ne pas qu’ils s’habituent à être trop libre.

Sauf que…, alors qu’on laisse l’esprit un peu tranquille, on réfléchit, on se dit que s’il on reprend tout à zéro, si on repense tout, on s’aperçoit que tout plein de choses peuvent, elles aussi, être bien mieux.

Bon, qui a eu la splendide idée de supprimer la pub ?

On le vire celui-là !

Effectivement il y a danger que l’on s’habitue à être un peu plus autonome, à redevenir critique, déjà qu’avec la crise on avait appris que certains produits achetés chez les discounters étaient aussi bons que ceux que l’on achetait dans les grandes enseignes bien connues et rassurantes, alors si on commence à penser que l’on pourrait imaginer la vie sans la voiture tout le temps, les courses plus conviviales en mutualisant les besoins de tous pour l’intérêt de chacun, les bergers de la publicité vont devoir se recycler car les moutons vont se garder seuls.

Dommage messieurs, mais on n’est pas obligés de faire tout ce qu’on nous dit à la télé.

Qu’es ce qu’ils vont faire sans nous ? Pas de soucis, ils ont été assez longtemps à l’école pour trouver le moyen de recréer un besoin que nous ignorons encore à moins que l’on y pense avant eux, un peu comme des autodidactes.


dimanche 7 juin 2009

Dany l'Européen




Ceux qui voudraient limiter DCB à la seule icône de mai 68 se trompent lourdement. Voilà un homme qui a su faire l'inventaire sincère et sérieux d'une petite partie de sa vie qui a eu une grand retentissement social, sinon politique. Alors qu'il semble y avoir une réelle prise de conscience générale de l'importance "vitale" de prendre au sérieux tout ce qui se dit depuis fort longtemps à présent, DCB n'est pas un opportuniste qui surferait sur la vague écolo nouvelle génération. Ce fut et c'est toujours un homme de conviction, un directif, un affectif rompu à l'art de la négociation en coulisse, sachant se faire critique et redoutable lorsque la cause le touche réellement. Profitant de son capital sympathie incontestable, il a su rassembler des courants souvent éloignés, quoique proches idéologiquement. Les stratèges de l'Elysée ne s'y sont d'ailleurs pas trompés en ne l'attaquant pas de front, sachant que tout ce qui pouvait affaiblir le MoDem de M. Bayrou était à ménager. Il serait toujours temps d'utiliser n'importe quel moyen, tordu ou non, pour remettre à sa place celui qui invectiva le président Sarkozy au Parlement européen. Voilà éventuellement ce qu'on pourrait lui reprocher, en attaquant frontalement le représentant du MoDem, il allait à coup sûr altérer l'image de celui-ci. Au Faubourg Saint-Honoré on en espérait pas temps ! Mais attention, DCB n'est pas homme à se laisser manipuler encore moins à céder aux sirènes élyséennes et ceux qui s'y risqueraient ne feraient pas un bon calcul. Resterait une campagne touchant à son image mais là aussi le succès est loin d'être garanti, d'autant plus qu'il n'est pas homme à laisser les attaques sans réponses. Peut être alors peut-on croire ce soir qu'il existe un commencement d'organisation d'opposition au pouvoir du président qui, faute de trouver adversaire à sa mesure, semble s'étioler petit à petit.
A suivre...

vendredi 5 juin 2009

Les souvenirs de la vie


La vie est passée trop vite.
Je suis effrayé par le temps qui passe.
Lorsque je repense à un passé qui me semble proche, j'ai la désagréable impression d'avoir été spolié d'une partie de ma vie, comme si on avait accéléré à mon insu la course du temps. Les souvenirs qui se rattachent à l'enfance de mes filles sont intacts car j'ai encore bien présent à l'esprit le ressenti des différentes situations que nous avons vécu.
Es-ce le fait d'être toujours dans les mêmes endroits qui fait que les souvenirs sont constamment réactivés?
Entendre les filles confirmer mes souvenirs colorés par leurs visions ne fait qu'accroître cette impression de proximité. J'ai un âge que je n'aurais jamais pensé pouvoir attendre et les calculs des années passées me donnent le vertige, ce sentiment de paradoxe entre la fraîcheur de mes souvenirs et le temps qui les séparent du présent ne font qu'amplifier ce sentiment.
Je reste pourtant incorrigiblement optimiste et je ne cesse de me répéter cette phrase que j'affectionne:
LE PLUS BEAU JOUR DE MA VIE, C'EST DEMAIN

samedi 30 mai 2009

Lettre d'Amour



Mon amour,

Je n’ai jamais eu autant de mal à commencer une lettre, moi qui d’habitude écris comme je respire, respire comme je vis, vis comme je t’aime : avec passion, sincérité et sans limite.

Tout ce bouscule dans ma tête, tant de chose à dire, à faire ressentir et, par le papier, la magie nécessite tu talent pour faire vibrer les cavités mystérieuses de l’émotion, pour peu que l’on veuille qu’elle soit réelle et sincère.

Il y a pourtant des mots liés à des moments forts, des regards intenses et surtout, il y a tout ce qui ne se dit pas, ce qui se ressent. Tout est mêlé : ton regard, le satin de ta peau, ton parfum mélangé à ton odeur de femme, le toucher de ton corps arrondit, turgescent, galbé, chaud, humide, mais jamais froid. Tous ces éléments qui constituent la fusion qui transforme nos deux corps en une seule entité, citadelle imprenable voguant sur la mer d’un amour fou où le vent de la passion pousse ce vaisseau ardent dans les tumultes d’un plaisir déchirant où tes yeux écarquillés semblent chercher le point culminant, et tout se termine par le goût salé de ma jouissance dans ta bouche, comme une délivrance commune , à la fois petite mort et naissance d’un grand bonheur.

Je considère tout ce qui vient de toi comme un présent unique, un diamant brut que je dois tailler pour le faire briller de mille éclats, couleurs invisibles à l’œil qui aveugle l’esprit par l’intensité de notre amour.

L’esprit est là. Quoique l’on fasse l’émotion est intact, elle nous place au-dessus de tout ce qui ennuie, fragilise, perturbe ou pollue. C’est une dimension rare et exclusive réservée uniquement à ceux qui s’aiment d’abord, d’un grand amour véritable, l’amour physique n’étant là que pour le sublimer et lui donner ce si beau relief, instant sacré de nos deux vies ; et nos esprits étaient liés depuis longtemps, ils l’étaient bien avant que nos corps ne s’unissent.

Tout ces mots me viennent sans que je les cherche, ils ne me torturent pas pour sortir et j’ai plaisir à les relire (c’est rare !). J’ai conscience de l’importance, de la rareté et du privilège que constituent les moments que nous avons vécus, que nous vivons et qui nous reste à vivre. Et même si le terme te parait proche, celui lui donne que plus de prix.

Deux jours. Deux jours, c’est le maximum que je peux tenir sans entendre ta voix, au moins.

Lorsque le temps semble trop long, lorsque ton corps est trop loin, lorsque tes yeux ne croisent plus les miens, je repense à cette nuit forestière où le temps s’est arrêté, incapable de continuer à chercher à égrener ses secondes, et qui s’était respectueusement agenouillé aux seuils de nos vies, admirateur pour tant d’amour donné et reçu. La mort elle-même s’est trouvée intruse, invitée indésirable et s’en est allé, un moment, dépitée.

Mon Dieu, que ton sourire, que ton regard me manque, mon Dieu, que tu m’es indispensable !

jeudi 28 mai 2009

Acteurs ou victimes?


Là où l'union fait place à fusion, lorsque les l'alchimie d'un couple dépasse toutes les considérations scientifiques pour évoluer dans une sphère unique où les mots sont exempts , le temps même peine à garder sa place.
Cela doit être pour cela que l'on a inventer la poésie un moyen comme un autre d'essayer de donner un dimension convenue à quelque chose qui ne l'est pas.
Es-ce le corps qui commande l'esprit ou ce dernier qui l'inonde d'informations sensorielles qui le sature, brillant reflet de la magie qui s'opère.
A ce moment sont-ils des acteurs ou des victimes? Les profonds changements dont les amants sont l'objet les isolent du monde étranger à leur émoi. Ce qu'ils ressentent est à mi-chemin entre plaisir et douleur, cette indéfinissable impression d'être heureux de vivre ce qu'ils vivent et à la fois la crainte qu'il se termine, de la perdre.
La parole devient minoritaire car le dialogue se fait par l'échange des sens exacerbés fonctionnant comme des capteurs et ce qui se comprenait ou se devinait s'impose comme par une certitude saturée d'émotion où les esprits et les corps ne font plus qu'un.