Depuis des décennies que nous nous acharnions à détruire tous les fourrés, les talus, nous venons de nous apercevoir que ceux-ci étaient important pour l’équilibre de l’environnement, en fait nous venons tout simplement de comprendre que tout est lié, rien ne peu se faire sans qu’il ai un retentissement sur l’ensemble de ce qui nous entoure.
Les babas cool des années soixante dix sont partis dans le Larzac pour y faire pousser des chèvres comme on avait plaisir à la dire, les prenant au mieux pour de doux rêveurs, au pire, pour des empêcheurs de consommer en rond.
Il y a eu, vers la même époque, la première émission sur ce que l’on n’appelait pas encore l’écologie et qui nous apprenait un mot que beaucoup ne connaissait pas : la pollution. A cette époque, cela consistait à prendre conscience que vidanger sa voiture en pleine forêt ce n’est pas bien et lorsque l’on se promenait dans la rue, il n’était pas bien de jeter ses papiers par terre. Durant ce temps là, on faisait exploser des bombes H en plein désert sans se préoccuper des conséquences, on déversait des tonnes de produits toxiques dans les rivières et les océans sans se poser plus de question ; tout allait bien puisque c’était pour le progrès, tout le monde avait un bon travail et pour longtemps, l’idée même que l’on allait léguer la plus grande catastrophe planétaire à nos enfants ne nous effleurait même pas.
Et puis quelques pétroliers éventrés, une centrale nucléaire et son environnement anéantit plus tard, on a découvert l’écologie. On ne pouvait pas faire n’importe quoi n’importe comment n’importe où. On a commencé à penser qu’il serait bon de ne pas continuer à faire tout cela car, pour le coup, il s’agissait bien de l’ensemble de l’humanité qui était concernée. Tant qu’il s’agissait de voir mourir les trois quart des hommes de faim, de maladie, de guerre, cela ne gênait personne, mais là on s’est aperçu que la branche que l’on sciait était la même pour tout le monde. Nous ne sommes pas devenus charitables d’un seul coup non, là encore la réaction est parfaitement égoïste.
Force est de constater que les talus, les fourrés, les arbres plantés stupidement plantés au plein milieu d’un champ n’étaient pas inutiles, on les trouvait pas beaux, mais ils participaient à l’équilibre de notre organisation planétaire, le plus petit était utile au plus grand.
Et bien c’est la même chose pour ceux d’entres nous qui sont handicapés, lorsqu’ils sont là et que l’on ne peut pas faire autrement, on s’en occupe le mieux possible, on essaie de tout faire pour qu’ils puissent mieux vivre, minorer les conséquences de leur handicap, on se donne bonne conscience en utilisant la bonne volonté des meilleurs d’entre nous, mais au fond lorsqu’il s’agit de porter un regard sur eux, cela nous gêne, on hésite entre la pitié et la lâcheté, quel beau dilemme.
Alors germe dans l’esprit bien né de grand humaniste la possibilité de pouvoir éradiquer le problème à la source, comme on a fait pour le maïs, on va bricoler les gênes afin qu’il naisse de moins en moins de personne handicapée, n’es ce pas charitable de penser ainsi à son prochain avec tant de vertu ? Est-on sur au moins des véritables motivations qui anime ceux qui envisage cela ?
Ne serais-ce pas les mêmes qui éliminaient les talus et les fossés ? La vue des personnes handicapées nous dérange-t-elle à ce point ? Il faut croire que oui. Et pourtant, après avoir écouté des handicapés visuels parler de leurs vies, de leurs joies, de la blessure que provoque l’attitude des autres, de nous, nous qui avons tout, nous qui ne savons que leur donner au mieux notre pitié, au pire notre argent comme pour nous dédouaner, payer un impôt sur le bonheur d’être en bonne santé, après les avoir écoutés parler avec des mots simples de leurs souffrances, du long chemin que représente le fait d’accepter son handicap, je me suis demandé qui étaient réellement les personnes handicapées ? Ceux qui avancent dans la nuit perpétuelles, dans un fauteuil, avec des cannes pour rester debout ou nous, nous tous, les handicapés de l’humilité, de la charité. Bien sur qu’ils sont clairvoyant, debout et bien droit et ils sont là pour nous montrer tout notre égoïsme, notre orgueil ; lorsque nous les ignorons, ces nous que nous ignorons, c’est nous que nous laissons seuls, vides de toutes valeurs humaines.
Soyons assez intelligents pour nous souvenir de ce proverbe arabe qui disait :
« lorsque l’on garde quelque chose à soi, on le perd pour toujours et lorsque l’on donne quelque chose, on le conserve toute la vie »

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