samedi 5 février 2011

Extrait du livre d'or ouvert par France Inter


Corinne GORSE, dite Kriss

Samedi 17 avril 1948 – jeudi19 novembre 2009

"J’ai traversé des moments difficiles, qui commencent à s'équilibrer …",

Corinne Gorse, dimanche 1er novembre 2009

Mai 2009 (réponse au mail que je lui avais envoyé) :

Que votre message est généreux et beau. Il me va droit au cœur. Evidemment il donne du sens à mon travail, et à ma vie, et évidemment me donne des forces pour guérir. Je me suis préparée à tout, à vivre, à mourir, je n'ai pas vraiment peur de la mort, mais j'adore la vie, alors tant que je peux je penche de son coté, et fortement.
Voilà les nouvelles.
Merci de m'accompagner depuis des années et sans doute, d'avoir mûri avec moi

Portez vous bien

Kriss

Kriss est morte, France Inter est en deuil

LIVRE D’OR DE KRISS

4375 messages déposés du 20 novembre au 02 décembre 2009

Noëlle
20/11/2009 16h54

Kriss,

Ai appris ce matin ton décès. Cela me laisse bien triste.
Même au loin, je t'écoutais.
We Will miss You.
Condoléances à ta famille et a l'équipe d'Inter.

Hélène
20/11/2009 17h06

France Inter non stop. Hier info brève, triste, très triste : Kriss nous a quitté. Depuis des semaines je me faisais un sang d'encre à ton sujet, plus aucunes nouvelles à l'antenne (silence radio). Tes émissions étaient passionnantes, ta voix, jeune, rieuse, chaleureuse, attentive, tu savais accueillir tes invités avec bienveillance. Hier soir, mes larmes coulaient toutes seules, incontrôlables. Kriss, tu étais notre amie, notre rayon de soleil, indispensable, incontournable, tu vas nous manquer !

mimiolliergues20
20/11/2009 17h09

Merci merci merci La Kriss, pour tout pour ta voix ta bonne humeur communicative, ta joie, tes reportages plein de simplicité toujours proches de ses invités et de ses auditeurs; de tous les bons moments passés avec toi grâce aux ondes magiques !!!

Mais c'est avec beaucoup de peine et de tristesse que nous devrons rallumer le poste sans ta voix.
Bon courage à ceux qui t'entourent et merci France Inter de nous avoir permis une telle rencontre pendant toutes ces années

Nicole B.
20/11/2009 17h09

Au revoir Kriss, vous m'avez tant aidé sans le savoir. Vous étiez mon échappatoire, ma fenêtre ouverte sur les autres. Vous m'avez montré ce qu'était la générosité, la complicité, l'amour des autres. Je pense très fort à ceux que vous aimez et qui vous aiment. A un de ces jours, ailleurs.

Jackin
20/11/2009 17h10

La joie, la bonne humeur mais aussi l'humour, l'intelligence viennent de quitter France Inter. Mais aussi tous les auditeurs qui attendaient ses émissions avec joie et sympathie. C'est dommage de partir si vite.

Mathé
20/11/2009 17h10

Je suis infiniment Krisste. Et je n'aurai jamais le plaisir de te recevoir à Sète.
Embrasse ceux que j'aime et qui sont aussi dans l'au-delà de mon cœur.
Tu continues à vivre dans nos souvenirs.
Je t'aime, petite sœur.
Gilles.

Catherine
20/11/2009 17h15

J’ai le sentiment d'avoir perdu une amie, pourtant, je découvre son visage seulement aujourd'hui, je ne connaissais que sa voix, enfantine et gourmande, je l'ai su malade, en retrait, puis plus rien... et cette nouvelle que je viens d'entendre... si triste.

Caroline
20/11/2009 17h17

Jolie Kriss, je ne connaissais que ta voix, si tendre, si douce. Tu étais drôle, impertinente, tellement vivante. Saleté de cancer. Tu nous as laissés trop tôt, beaucoup trop tôt.
Tu resteras dans notre cœur et nos oreilles.

fionana34
20/11/2009 17h20

Criss a accompagné et adouci la tristesse de tant de dimanches de solitude, comment faire sans cette énergie ? Des êtres de lumière nous quittent et tant de nuisibles résistent ! Je découvre son visage et le manque est pire. Merci à elle et à France inter d'avoir permis cette rencontre !

jeff st tropez
20/11/2009 17h20

quelle tristesse que cette nouvelle glissée entre deux glauque rie de l'actualité, plus ta voix ne plus entendre tes sourires, ne plus saisir tes souffles, ne plus deviner tes yeux rieur, repose toi ne t'intriques pas nous t'écoutons toujours mille tendresse demain je jetterai des fleurs à la mer à la ponche au revoir kriss

Madeleine
20/11/2009 17h21

Bel hommage à notre Kriss, une de ces voix inimitables qui vous remettaient de bonne humeur dans les moments durs. Presque 40 ans qu'elle m'accompagnait, cette voix.. et ses portraits sensibles ! Respect devant elle qui ne faisait pas mystère de sa maladie, quelle petite bonne femme !! Merci
Madeleine (La Rennaise des photos du TNB)

Hélène
20/11/2009 17h21

J'écoute Kriss depuis l oreille en coin alors même si c est pas dimanche c est légal, Kriss je t embrasse.

beranger
20/11/2009 17h22

Je suis triste du départ de Kriss, cette belle voix chaleureuse que j'entendais pendant ma tournée dans ma voiture va nous manquer beaucoup. j'adore son emission où elle savait faire passer l'affection et même l'amour de l'humain pour l'autre. Même de loin on pense à toi et ta famille.

Noëlle
20/11/2009 17h22

quelle tristesse de ne plus entendre votre voix depuis plusieurs mois déjà mais maintenant pour toujours !
c'était tellement bien d'accompagner les préparatifs des repas du dimanche midi avec vos éclats de rire, votre curiosité et votre timbre de voix si reconnaissable !
merci pour ces bons moments, nous continuerons à écouter le crumble du dimanche !

roby
20/11/2009 17h22

Adieu Kriss!tu resteras présente a nos cœur pour toujours.

Sarah
20/11/2009 17h23

Au revoir et merci Kriss pour toute la bonne humeur que votre jolie voie pouvais m'apporter. Vous me manquiez déjà par votre rareté, je suis triste aujourd'hui. Chapeau l'artiste un tel art de vivre n'est pas donné à tout le monde.

morgane
20/11/2009 17h23

A Kriss et à sa famille,
Tel Orphée qui chante encore, pour toujours revenue du royaume des morts par le simple souvenir, le plus pur, celui d'une voix.
"Passons, passons, puisque tout passe,
Je me retournerai souvent,
Les souvenirs sont cor de chasse
Dont le bruit meurt parmi le vent". G. Appolinaire
Nous nous souviendrons de ton chant exquis comme une musique douce, enjouée et familière. A bientôt

diont
20/11/2009 17h24

ta voix douce nous manque %2Cdepuis 40 ans je te suivais avec tes debuts avec j chancel et noelle brehame et quelle belle emision%28crumble%29 et ta patite pointe d%27%27humour quel grand vide j%27%27en ai le coeur serr%E97

Ermiloff
20/11/2009 17h25

J'apprend ce matin, en roulant vers mon travail la mort de Kriss... Une voix peut elle mourir ? J'ai toujours dans la tête la voix de mes grand-pères, mais pas celles de mes grand-mères. J'ai le même sentiment de tristesse que lorsque j'ai appris, dans les mêmes circonstances, la mort de Nougaro. Ma jeunesse s'enfuit. Les amis inconnus aussi. Elle était un océan de fraicheur et d'optimisme dans le marigot de laideur dans lequel j'évolue. Je m'autorise une larme et j'embrasse ceux qui l'on aimé.

antoine
20/11/2009 17h26

Kriss est partie sur une ile inconnue. Elle nous laisse sans sa voix, et son ton inimitable.
Je voulais juste lui dire un grand merci pour les moments si chaleureux que j'ai passé en sa compagnie radiophonique.

mercredi 20 octobre 2010

UNE SAINE COLERE




S'il y a des moments où certains journalistes, intellectuels ou autres hommes politiques se fendent d'une émotion, d'une colère souvent factices pour des faits ou des propos attendus, que ne les a-t-on entendu après l'intervention de Mr GUERLAIN?

Ce manque de réaction traduit bien le climat détestable aux sous-entendus abjects dans lesquels est plongé le pays actuellement, et il n'est pas interdit de penser que lorsqu'un ministre en exercice se permet en public des blagues de comptoir, pour lesquels il a été condamné, d'autres se lâche à des citations malodorantes, ce qui est le comble pour un parfumeur!

Oui Madame Audrey Pulvar, vous avez eu raison de dire des choses justes, parfois bouleversantes, mais en aucun cas grossières, avec votre douleur, votre cœur à la mémoire d'un peuple qui a été si longtemps sacrifié, ignoré, oublié et s'il y en a pour vous reprocher d'avoir été injurieuse, sachez que, pour moi, les propos tenu par Mr GUERLAIN le sont mille fois plus que les vôtres.

Merci à vous.

samedi 31 juillet 2010

Une bouffé de Kriss, trop plein d'émotion


Kriss / Corinne a été au bout de la vie, au bout de la douleur, au bout de l’espoir et malgré tout cela, elle a toujours pensé aux autres. C’est cela qui nous émeut, cette générosité dont nous nous savons éloignés souvent.
Lorsque Kriss nous a annoncé qu’elle était malade, beaucoup d’entre nous ont pensé qu’elle sortirait vainqueur de cette épreuve et puis la vie en décidé autrement.
Elle m'écrivait dans la réponse d’un message que je lui avais envoyé qu’elle avait tout envisagé la vie comme la mort.
Comme tout ce qu’elle a fait, elle l’a fait bien, discrètement, en pensant d’abord aux autres. Brassens le disait dans « Les copains d’abord », il y a des trous dans la mer qui jamais ne se referme.
Corinne doit être quelque part dans la mer, dans un de ces trous là.

dimanche 20 juin 2010

Merci, Marie-Pierre






On ne peut pas ici parler de Kriss sans rendre un hommage appuyé à Marie-Pierre PLANCHON, celle qui a su perpétuer le Crumble de la façon la plus juste possible, respectant l’idée avec justesse, compétences et humilité, jusqu’à se l’approprié (MPP CRUMBLE) et parce que c’est dimanche, c’est légal.

Elle a eu le bon goût et le talent de ne pas faire de cette émission une messe dominicale nostalgique où tout aurait été figé, défini, immuable. Car l’esprit de Kriss, c’est tout le contraire de l’habitude, du conformisme et de la continuité.

Pour ceux qui veulent se souvenir un peu plus souvent que nécessaire d’elle, il y a ce site qui permet de s’exprimer lorsque l’on a un trop plein d’émotion, un nuage de larmes, un petit vent frais de tristesse.

Je pense sincèrement que lorsque l’on pense à ceux qui sont parti avec une émotion sincère, ils ne peuvent pas nous quitter tout à fait. Ce n’est pas eux qui se rapprochent de nous, mais l’inverse ; on se rend disponible à les entendre et en cela Kriss/Corinne ne sera jamais complètement partie.

Tous les jours, en écoutant la litanie des échecs, des tromperies, des trahisons qui sont le quotidien de nos vies, c’est une grande chance de pouvoir écouter des personnes comme Marie-Pierre ; savoir que des personnes, comme Kriss, avec autant d’amour pour les autres existent, vous réconforte et vous permette d’aimer la vie, même jusqu’à la mort.

mercredi 26 mai 2010

La tombe de Kriss. Kriss, Corinne, plus là, mais toujours pas loin...



Prunay en Yvelines, c'est là qu'elle repose. On savait la dame assez discrète, peu portée à mettre en avant sa vie privée, elle a d'ailleurs mis sous les projecteurs bien d'autres qu'elle même dans son métier.
Prunay en Yvelines donc, le petit cimetière se trouve à la sortie du village et lorsqu'on pousse le portail vert, la tombe est au deuxième rang sur la droite. Lorsqu'on se trouvaiat sur la messagerie de Kriss, elle disait :
"Bonjour, Kriss, Corinne, pas là, pas loin, laissez-moi un message et je vous rappelle", ce message, c'était le même depuis des années, il n'avait pas pris une ride, il était dans la juste ligne de ce qu'elle était: discrète, disponible et droite.
Une grande dalle de granit blanc où est sobrement inscrit " Georges GORSE 1915 - 2002 " et sur la droite, une autre tombe, où est marqué " Jane CELAT 1892 - 1982 " sans doute celle de sa mère. A la mairie, on n'a pas su me dire où reposait Corinne, peut être avec son père, peut être dans l'autre sépulture. Je ne sais pas si c'est une volonté de la défunte que son nom n'apparaisse pas, mais là encore, elle n'est pas là, pas loin...

vendredi 2 avril 2010

TSUNAMI


Nous avons bien tord de penser que la façon dont est organisée notre société n'est nocive que pour ceux qu'elle écrase. Effectivement, s'il doit y avoir des perdants, nous sommes tous concernés. La courte vue qui consiste à prendre en compte notre relatif bonheur immédiat est un leurre car si un des effets les plus visibles de "l'horreur économique" est de rendre évidente une intolérable et cruelle injustice basée sur un égoïsme étatisé, les conséquences encore plus dures et irréversible sont à venir. Pour satisfaire l'orgueil et la soif de pouvoir des uns, la vanité et la cruauté des autres, on a tout détruit. Je parle au présent tout à fait lucidement car quoiqu'il soit entrepris aujourd'hui nous devrons, ainsi que nos enfants, payer le prix de notre folie, de notre égoïsme, enfin de notre bêtise; car c'est notre propre perte que nous avons programmée et lorsque les éléments se déchaineront, il n'y aura pas de différence qui sera faite pour la destruction massive de notre monde. Loin de toute religion, de tout parti ou de toute doctrine philosophique, le fait est là : en méprisant les plus démunis de nos semblables, c'est nous mêmes que nous avons méprisés.

dimanche 28 mars 2010

Que restera-t-il?


Que restera-t-il de nous, dis- moi? Que restera-t-il? Un souvenir diffus, délayé par les années, de quelque chose qui aura marqué nos vies définitivement, souvenir si intense qu'il sera assimilé à un rêve. Il restera également ces impressions d'inachevé, de culpabilité, de gâchis, d'injustice, ce sentiment d'être, toi et moi, chacun dans sa prison dorée. Nous avons appris à écouter le silence de l'autre qui nous dit combien il nous aime; nous avons appris a tué le temps car, comme toutes les choses vraiment importantes, il n'a plus d'emprises sur nos sentiments. Les corps vieillissent, les espoirs se rétrécissent accordant de plus en plus de place aux compromissions qui nous tuent plus surement que tous nos cancers réunis. Dans les moments les plus difficiles, il reste toi que j'appelle pour ne pas sombrer et les jours, de plus en plus rare, où je trouve aucun obstacle à regarder mon ciel trop bleu, je ne peux profiter de mon bonheur sans avoir le regret que tu ne sois pas là pour le partager avec moi. La vie se termine, mais le sentiment lui restera intact et je me demande par quel moyen il continuera à s'exprimer une fois que je serais adressé? Ce qui me console, tu vois, c'est que j'ai cette certitude persistante que je ne te quitterais pas totalement. Et pourtant, que pourrais-je attendre encore? Il ne sera, bien sur, plus jamais question d'exprimer notre amour par le langage des corps, le temps à passé, alors, qu'es ce que je regrette aujourd'hui? Je partage avec toi ce que beaucoup de personnes n'auront jamais, le nectar de la relation à deux, cet état fusionnel qui nous permet de rester en contact, faisant fis de toutes les distances, du jour, de la nuit et du temps. Nous arrivons à passer outre toutes les barrières des contraintes humaines comme ils disent, ceux qui nous regarde parfois d'un air amusé, d'une tendresse partagée souvent, eux, ils savent à quel point tout cela est précieux. Alors, avant qu'il soit vraiment trop tard, avant que la vie ne quitte définitivement ce corps qui ne cesse de me trahir, je ne t'écris pas ces deux mots que je n'ose plus dire et qui, lorsque je les entend, semblent me rapprocher du ciel.

samedi 27 mars 2010

Lettre à Hugo III


Bonjour Hugo,
Je te donne une fois de plus des nouvelles entre deux embarquements. Tu avais raison: il serait temps que je me demande ce que je fuis avec autant d'assiduité. Que veux-tu, j'aime arrivé, le reste m'ennuie. Pourtant, toutes les lieux dont je te parle sont essentiels pour moi et si je m'en vais, ce n'est pas par lâcheté, mais parce qu'il me tarde de recommencer quelque chose. Je ne sais plus qui disait: "j'aime trop les commencements pour pouvoir aimer le reste", c'est ça, j'aime commencer. Découvrir, rencontrer, apprivoiser, séduire, être à chaque fois moi-même et un autre totalement différent.
Tu vois Hugo, s'il y a quelqu'un qui me connait bien, c'est bien toi; toi qui m'accepte tel que je suis et ne s'arrête pas aux apparences qui m'ont joués, malheureusement, tant de mauvais tours. J'aime aimé, mais je ne veux pas m'enfermer dans une relation qui serait pour moi une prison. La belle brune de Barcelone l'a bien compris et me laisse partir pour que je puisse mieux revenir. Elle profite du moment présent sans se demander combien de temps il va durer; je sais que je peux partir à tous moments, je suis libre d'être, c'est tout. En échange, je lui donne à peindre tous mes délires, mes sans écrire, mes témoignages muets aux conclusions incertaines, mes pensées aux structures fragiles dans lesquels s'engouffre le souffle brûlants de mes passions; mon envie de vivre plus forte que toutes les morts, balayant d'un revers imparable tous les envies de suicide romantique ou désespéré. Je ne sais quand tout cela va s'arrêter, ce qui est sur, c'est que la vieillesse s'accommodera mal de ce rythme; tant pis pour elle, je ne la verrai pas.
A bientôt Hugo

jeudi 25 mars 2010

L'oeuvre de toute une vie


"La jeunesse perdue", tel aurait du être le titre du second roman de Mireille HAVET, que la solitude et la misère de la drogue l'ont empêché d'écrire. "Vous avez tout pour réussir" lui avait-on dit, tout, sauf le socle rassurant et essentiel d'une famille présente et aimante qui aurait pu lui éviter de tomber dans les pièges de ce monde détruit, d'une part par "la grande guerre" et comme si la mort n'avait pas eu son cota de trépas, elle va y rajouter la terrible grippe espagnole qui emportera plus de dix-huit millions de vies dont celle de Guillaume Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, dit Guillaume Apollinaire, celui qui l'appelait "la petite poyetesse".
La jeunesse perdue existe en fait, c'est une œuvre colossale, une dizaine de cahiers, des feuillets, des correspondances, l'œuvre de toute une vie.






mardi 23 mars 2010

Mireille et Nathalie




Il y a ceux qui ont une vie bien rangée, millimétrée, planifiée et qui vivent durant de longues années en attendant une mort bien tranquille elle aussi. Pour une autre, comme le dit Philippe DELAROCHE : "Passée abruptement de la condition de mortel à l'état de cadavre, elle n'a pu vivre toute sa vie, elle n'a pas pu aimer tout son amour, ni mourir toute sa mort". Voilà résumé avec talent ce que l'on peut dire de Mireille HAVET, destin auquel on peut comparer celui de Nathalie CLIFFORD BARNEY qui lui est en tous points opposé. Quand l'une est riche et sûre d'elle-même, l'autre est pauvre, entretenue et l'esclave d'une trop grande sensualité, mal maîtrisée, subie et qui l'a mènera à la mort par un chemin de vie qui ressemble à un calvaire. Mireille HAVET sera l'enfant perdue d'un siècle qui commença par une boucherie inimaginable, une saignée gigantesque, une indescriptible apocalypse. Quand l'une utilise les drogues comme un moyen contrôlé d'exacerber ses sens et ses sensuels délires, l'autre y plonge avec délice et sans retenue jusqu'au néant. Lorsque Nathalie est un témoin de son temps, une entremetteuse de talents éclairée, Mireille est un feu follet séduisant et tragique qui, presque un siècle plus tard, possède ceux qui la lisent par une telle envie de vivre, une sensualité si attachante.

vendredi 26 février 2010

Cette voix qui crie vers vous, c'est celle de Mireille HAVET




Lire le journal de Mireille HAVET, c'est écouter sa voix qui s'est éteinte il y a 78 ans aujoud'hui. Voilà une enfant du siècle diablement moderne dans son itinéraire qui n'a rien à envier à Janis JOPLIN, Jim MORISSON ou Jimi HENDRIX. Après quelques poèmes et un roman, tous ceux qui croyaient en elle on attendu en vain le roman qu'elle ne finira jamais et qu'elle voulait appeler prémonitoirement "La jeunesse perdue".


Alors que l'oubli devait être total, voici qu'à la faveur d'un dégât des eaux on retrouve "l'Oeuvre", elle qui rêvait que son nom contienne la particule lointaine de la famille de sa mère (Mireille HAVET de SOYECOURT), voilà qu'avec son journal tenu de 1913 à 1929, elle gagne réellement son titre de noblesse littéraire, elle retrouve toute sa voix, toute sa vie et tant d'années après sa disparition elle semble plus vivante que jamais.


Lire son journal, c'est retrouver une proximité stupéfiante avec son auteure. Effectivement, jusqu'aux dernières pages, elle reste d'une lucidité sidérente, ne s'accordant aucune circonstance atténuante, parlant avec la même passion de ce qui la détruit, qu'elle aime, qu'elle hait et lui ai pourtant indispensable.


On ne sort pas indemne de ce voyage dans le temps, de ce cri de détresse qui
résonne encore aujourd'hui comme une plainte à la fois contemporaine et déchirante.

mercredi 25 novembre 2009

Aujourd'hui, je suis très Krisste....


Huit heures ce matin, je pousse la porte de mon bureau. J'ouvre la fenêtre et l'air frais, presque froid, penètre dans la pièce, je reste à le respirer profondément en fermant les yeux. L'ordinateur à côté de moi mouline et restaure les différents paramètres pour une nouvelle journée de travail. Enfin, l'image se stabilise et apparait en fond d'écran Kriss (alias Corinne Gorse), agenouillée dans le désert, un sourire accroché aux lèvres. Je la regarde.

Je referme la fenêtre, l'air que je trouvais si frais et agréable devient vraiment froid et déplaisant, la lumière de la lampe qui d'habitude est tamisée et discrète devient blafarde et blême. Aujourd'hui, mercredi 25 novembre 2009, n'est pas un jour comme les autres, aujourd'hui à 11h30 dans la petite commune de Prunay en Yvelines (78), on enterre Corinne Gorse, Kriss Grafitti, La Kriss, notre Kriss.

Repose en paix, nous ici, on ne t'oublie pas.

vendredi 20 novembre 2009

Hommage à Kriss



Il y a des moment comme celui-là où l'on s'aperçoit que la peine que l'on porte là, tout au fond de son cœur, est partagée par d'autres, pleins d'autres. Des gens qui comme vous on partagé la liberté, la sensibilité et l'esprit novateur d'une grande sœur, d'une amie, presque d'une confidente. Kriss était tout cela à la fois. Nous avons grandi, vieilli et surement muri avec elle, peut être un peu grâce à elle qui savait si bien parler pour les autres. Au revoir donc grand' sœur, nous n'oublierons pas ton portrait sensible à présent que tu peux déguster ton crumble en roue libre, libérée de toutes tes douleurs.

lundi 14 septembre 2009

Une autre vie


Nous avons à présent une autre vie à réinventer et une autre à oublier. A présent qu'elles sont parties toutes les deux nous n'avions pas d'autre choix que ré-imaginer la maison et notre vie autrement.
J'ai touché aux fondamentaux qui constituaient notre quotidien, des objets qui ont marqués les 26 dernières années que nous avons passées ensemble avec ma femmes et mes filles :
un de nos canapés en cuir de buffle blanc, premier achat que nous avons fait alors que nous n'étions pas encore mariés
le lit jumeaux des filles qui avait marqué un passage important dans leurs vies : elles devenaient grandes!
La niche du chien, en fait je devrais dire la niche tout court car aucun de nos chiens ni a élu domicile, mais elle a trôné dans le jardin durant vingt ans
Cela nous a pris environ deux semaines, un peu chaque soir, pour effacer les traces d'une vie qui nous servaient de repaires rassurants, ils nous permettaient de tenir le coup lors des passages difficiles de ces dernières années. J'ai le sentiment d'avoir déménagé sans changer de maison, il fallait faire quelque chose de fort, aussi fort que de voir les filles partir, ce qui est normal et rassurant pour elles et je n'aurais pas supporter de passer plus longtemps devant cette chambre vide attendant un retour hypothétique, un peu comme des parents qui font d'une chambre un mausolée à la mémoire d'un enfant qui ne reviendra jamais.
Mes filles ne me manque pas tant que je sais qu'elles ne manquent matériellement de rien car pour l'attention et l'amour que je leurs porte la distance n'y changera jamais rien.

lundi 17 août 2009

Lette à Hugo II : le nectar de ce que fut votre relation


Salut Hugo,

Je reviens de cette ville que tu aimes tant du sud ouest de la France et que je viens de découvrir ; une ville qui veut se donner des airs de capitale par son architecture alors que la nonchalance de ses habitants efface tous les efforts qu’elle peut déployer afin de le laisser croire.

J’en ai profité pour aller voir cette fille incroyable dont tu m’avais parlé et pour laquelle je n’avais que curiosité et impatience. Curiosité de rencontrer au moins une personne qui trouvait grâce à tes yeux et impatience d’entrevoir à quoi pouvait ressembler ce petit bout de femme qui avait tant impressionné cet ours renfermé et hermétique à toute sensiblerie qui me sert d’ami et de confident.

Je dois dire que la description que tu m’avais donnée était en deçà de la vérité : cette femme porte en elle une beauté intérieure fascinante, un regard à la fois profond et désespéré, une sorte de sensation troublante qui fait croire à la fois qu’elle possède une force intérieure immense et un désespoir apprivoisé. Il faut dire que la simple évocation de ton nom ainsi que des liens étroits qui nous lient ont grandement facilité la prise de contact et très vite j’ai pu me faire une idée sur cette vie si particulière qui est la sienne.

Je pense tout à fait honnêtement que peu de personnes auraient la force de vivre ce qu’elle vit : elle ne lâche rien, ne fait aucune concession sur ses choix et, comme toutes les personnes fortes, attirent auprès d’elle une ribambelle d’êtres à l’affectif boiteux, au choix indécis, des amputés du cœur que d’autre montre du nez, elle, elle les accueillent et les comprend et même si elle en souffre, elle continue à surnager dans cet océan de malentendus où chacun semble occuper la place de l’autre en déployant des trésors d’ingéniosité pour oublier ce qu’il est réellement. Entre un ami qui l’aime comme une amie et une amie qui voudrait l’aimer comme un ami, tout parait autour d’elle être à l’envers.

Dans ce joyeux bric à brac affectif, pas facile de si retrouver je te l’accorde, connaissant ton goût pour la difficulté et les situations pas trop académiques, je comprends que tu es craqué pour cette féminine à la tendresse infinie qui a su faire bouillir ton sang de vieux loup solitaire et gageons qu’elle est une faim de louve pour apaiser ta faim de loup.

Tu restes d’ailleurs une pièce à part dans ce puzzle sentimental et amoureux, une parenthèse que vous avez apparemment sagement refermé afin que ne subsiste qu’un mélange de tendresse, de respect et de confiance qui donne envie ; le nectar de ce que fut votre relation.

Salut Hugo,
Je reviens de cette ville que tu aimes tant du sud ouest de la France et que je viens de découvrir ; une ville qui veut se donner des airs de capitale par son architecture alors que la nonchalance de ses habitants efface tous les efforts qu’elle peut déployer afin de le laisser croire.
J’en ai profité pour aller voir cette fille incroyable dont tu m’avais parlé et pour laquelle je n’avais que curiosité et impatience. Curiosité de rencontrer au moins une personne qui trouvait grâce à tes yeux et impatience d’entrevoir à quoi pouvait ressembler ce petit bout de femme qui avait tant impressionné cet ours renfermé et hermétique à toute sensiblerie qui me sert d’ami et de confident.
Je dois dire que la description que tu m’avais donnée était en deçà de la vérité : cette femme porte en elle une beauté intérieure fascinante, un regard à la fois profond et désespéré, une sorte de sensation troublante qui fait croire à la fois qu’elle possède une force intérieure immense et un désespoir apprivoisé. Il faut dire que la simple évocation de ton nom ainsi que des liens étroits qui nous lient ont grandement facilité la prise de contact et très vite j’ai pu me faire une idée sur cette vie si particulière qui est la sienne.
Je pense tout à fait honnêtement que peu de personnes auraient la force de vivre ce qu’elle vit : elle ne lâche rien, ne fait aucune concession sur ses choix et, comme toutes les personnes fortes, attirent auprès d’elle une ribambelle d’êtres à l’affectif boiteux, au choix indécis, des amputés du cœur que d’autre montre du nez, elle, elle les accueillent et les comprend et même si elle en souffre, elle continue à surnager dans cet océan de malentendus où chacun semble occuper la place de l’autre en déployant des trésors d’ingéniosité pour oublier ce qu’il est réellement. Entre un ami qui l’aime comme une amie et une amie qui voudrait l’aimer comme un ami, tout parait autour d’elle être à l’envers.
Dans ce joyeux bric à brac affectif, pas facile de si retrouver je te l’accorde, connaissant ton goût pour la difficulté et les situations pas trop académiques, je comprends que tu es craqué pour cette féminine à la tendresse infinie qui a su faire bouillir ton sang de vieux loup solitaire et gageons qu’elle est une faim de louve pour apaiser ta faim de loup.
Tu restes d’ailleurs une pièce à part dans ce puzzle sentimental et amoureux, une parenthèse que vous avez apparemment sagement refermé afin que ne subsiste qu’un mélange de tendresse, de respect et de confiance qui donne envie ; le nectar de ce que fut votre relation.

mercredi 15 juillet 2009

Vengeance ou justice?


La dérive à laquelle nous assistons actuellement me semble dangereuse. L'influence du pouvoir politique dans les décisions du pouvoir judiciaire me paraît nuisible à la justice elle-même et, à plus ou moins grande échéance, à la structure même de notre démocratie.
Qu'une victime directement touchée soit dans l'émotion incontrôlable ait un comportement extrême cela peut se comprendre: la victime demande vengeance, son avocat doit réclamer justice.
Le fait de voir des décisions de justice contestées par l'opinion publique n'est pas choquant; chacun peut exprimer son approbation ou sa désapprobation selon sa sensibilité; qu'un membre du pouvoir exécutif fasse pression sur le pouvoir judiciaire l'ai beaucoup plus. Comment accepter de voir une décision rendue dans le solennelle discernement de cette institution indépendante remise en question par le pouvoir politique sans en imaginer la lente et dangereuse évolution vers un état totalitaire et répressif?
Si l'on ajoute à cela la suppression du juge d'instruction ainsi que l'accumulation de nouvelles lois liberticides, il paraît légitime d'être inquiet et de le dire tant que l'on peut encore…

mercredi 8 juillet 2009

Mickaël Jackson Circus


Mardi soir, nous avons eu droit à une soirée ‘Spécial Flying Bambi’, en fait une gigantesque mascarade mondiale où même les meilleurs ont été obligés de s’y coller ! Effectivement, sur quasiment toutes les chaines, l’hommage à Michaël Jackson était unanime. On peut légitimement se poser la question de la sincérité de cet événement, de savoir à qui cela pouvait réellement profiter se déferlement de bons sentiments dégoulinants d’émotion de circonstance. Une seule personne était absente : Diana Ross. Une amie d’enfance de la star décédée et qui a préféré ne pas donner en spectacle sa réelle émotion, une émotion qui n’a rien à voir avec cette apologie de mauvais goût et de faux sentiments enrobés dans un show musico-macabre.

Il y a à peine un mois, personne n’aurait parié un copeck sur cet artiste. On a semble-t-il oublié très vite que cette star sur le retour avait son aura entachée par des présomptions de pédophilie et que ceux même qui pleuraient comme des veaux la considéraient alors comme infréquentable. Mais la mort change tout y compris les valeurs morales et les capacités mnésiques de ceux qui peuvent se faire un maximum d’argent autour de la fin pitoyable d’une star déchue.

On peut également se demander ce que la planète VIP/Showbiz fera lors du décès de dinosaures tels que Paul Mc Cartney, Mick Jagger, Eric Clapton ou encore David Bowie qui sont des réelles légendes musicales vivantes et qui ont influencés directement celui même qui vient de partir.

samedi 4 juillet 2009

L'anniversaire

C’est avec beaucoup d’émotion que je te souhaite un joyeux anniversaire pas comme les autres puisqu’il s’agit de t’accompagner pour ton quart de siècle ! Quoi te dire que tu ne saches déjà ?

Lorsque nous avons été voir Alice Russell, j’ai découvert une nièce que je ne soupçonnais pas à la fois forte et sensible, honnête et exigeante avec elle-même, consciente de ses points forts comme faibles, éloignée de toute médiocrité, ni jalouse, ni envieuse.

Tu vois, j’ai plaisir à te voir te rapprocher de ta cousine qui est fière de la confiance que tu lui témoignes, ou la collaboration avec ton frère pour le site de ton travail, vous le savez, je vous aime profondément tous les deux, pas comme mes enfants bien sur, mes vous m’êtes aussi précieux et je reconnais en vous toutes les valeurs communes entre ta mère et moi, véritables valeurs morales essentielles et nécessaires pour faire de vous des personnes uniques, debout et libres.

Tu es une personne à la sensibilité rare, je dis bien sensibilité pas sensiblerie, je peux te parler de la vidéo de David Bowie au Live Aid interprétant "Heroes" lorsqu'il prend la main de la saxophoniste Clair Hearts avec une spontanéité et une tendresse magnifique, tu partageras cette émotion sans un mot avec l'élégance et la finesse qui sont tiennes.

L’épreuve que je viens de traverser marque, je le sais, un tournant dans mon existence, un peu comme dans un marathon où le tintement de la cloche marque le dernier tour de piste. Je n’ai pas peur et je ne me plaints pas non plus, la vie m’a épargné dans l’ensemble et j’espère seulement pouvoir terminer ce que j’ai entrepris, c'est-à-dire accompagner mes filles jusqu’à la porte de leur vie, espérant que je pourrais leur lâcher la main par ma propre volonté, le devoir accompli.

Je n’aurais qu’un seul regret en fait, et il vous concerne toi et ton frère : je n’aurais pas le plaisir de vous voir vous épanouir, devenir ces gens tellement bien que j’aurais été fiers de côtoyer.

Mes convictions philosophiques et spirituelles ne me font pas craindre la fin de cette vie, j’aurais aimé simplement avoir un peu plus de temps pour vous voir ouvrir vos ailes.

Je t’embrasse très fort et encore un joyeux anniversaire.

dimanche 14 juin 2009

Handicap


Depuis des décennies que nous nous acharnions à détruire tous les fourrés, les talus, nous venons de nous apercevoir que ceux-ci étaient important pour l’équilibre de l’environnement, en fait nous venons tout simplement de comprendre que tout est lié, rien ne peu se faire sans qu’il ai un retentissement sur l’ensemble de ce qui nous entoure.

Les babas cool des années soixante dix sont partis dans le Larzac pour y faire pousser des chèvres comme on avait plaisir à la dire, les prenant au mieux pour de doux rêveurs, au pire, pour des empêcheurs de consommer en rond.

Il y a eu, vers la même époque, la première émission sur ce que l’on n’appelait pas encore l’écologie et qui nous apprenait un mot que beaucoup ne connaissait pas : la pollution. A cette époque, cela consistait à prendre conscience que vidanger sa voiture en pleine forêt ce n’est pas bien et lorsque l’on se promenait dans la rue, il n’était pas bien de jeter ses papiers par terre. Durant ce temps là, on faisait exploser des bombes H en plein désert sans se préoccuper des conséquences, on déversait des tonnes de produits toxiques dans les rivières et les océans sans se poser plus de question ; tout allait bien puisque c’était pour le progrès, tout le monde avait un bon travail et pour longtemps, l’idée même que l’on allait léguer la plus grande catastrophe planétaire à nos enfants ne nous effleurait même pas.

Et puis quelques pétroliers éventrés, une centrale nucléaire et son environnement anéantit plus tard, on a découvert l’écologie. On ne pouvait pas faire n’importe quoi n’importe comment n’importe où. On a commencé à penser qu’il serait bon de ne pas continuer à faire tout cela car, pour le coup, il s’agissait bien de l’ensemble de l’humanité qui était concernée. Tant qu’il s’agissait de voir mourir les trois quart des hommes de faim, de maladie, de guerre, cela ne gênait personne, mais là on s’est aperçu que la branche que l’on sciait était la même pour tout le monde. Nous ne sommes pas devenus charitables d’un seul coup non, là encore la réaction est parfaitement égoïste.

Force est de constater que les talus, les fourrés, les arbres plantés stupidement plantés au plein milieu d’un champ n’étaient pas inutiles, on les trouvait pas beaux, mais ils participaient à l’équilibre de notre organisation planétaire, le plus petit était utile au plus grand.

Et bien c’est la même chose pour ceux d’entres nous qui sont handicapés, lorsqu’ils sont là et que l’on ne peut pas faire autrement, on s’en occupe le mieux possible, on essaie de tout faire pour qu’ils puissent mieux vivre, minorer les conséquences de leur handicap, on se donne bonne conscience en utilisant la bonne volonté des meilleurs d’entre nous, mais au fond lorsqu’il s’agit de porter un regard sur eux, cela nous gêne, on hésite entre la pitié et la lâcheté, quel beau dilemme.

Alors germe dans l’esprit bien né de grand humaniste la possibilité de pouvoir éradiquer le problème à la source, comme on a fait pour le maïs, on va bricoler les gênes afin qu’il naisse de moins en moins de personne handicapée, n’es ce pas charitable de penser ainsi à son prochain avec tant de vertu ? Est-on sur au moins des véritables motivations qui anime ceux qui envisage cela ?

Ne serais-ce pas les mêmes qui éliminaient les talus et les fossés ? La vue des personnes handicapées nous dérange-t-elle à ce point ? Il faut croire que oui. Et pourtant, après avoir écouté des handicapés visuels parler de leurs vies, de leurs joies, de la blessure que provoque l’attitude des autres, de nous, nous qui avons tout, nous qui ne savons que leur donner au mieux notre pitié, au pire notre argent comme pour nous dédouaner, payer un impôt sur le bonheur d’être en bonne santé, après les avoir écoutés parler avec des mots simples de leurs souffrances, du long chemin que représente le fait d’accepter son handicap, je me suis demandé qui étaient réellement les personnes handicapées ? Ceux qui avancent dans la nuit perpétuelles, dans un fauteuil, avec des cannes pour rester debout ou nous, nous tous, les handicapés de l’humilité, de la charité. Bien sur qu’ils sont clairvoyant, debout et bien droit et ils sont là pour nous montrer tout notre égoïsme, notre orgueil ; lorsque nous les ignorons, ces nous que nous ignorons, c’est nous que nous laissons seuls, vides de toutes valeurs humaines.

Soyons assez intelligents pour nous souvenir de ce proverbe arabe qui disait :

« lorsque l’on garde quelque chose à soi, on le perd pour toujours et lorsque l’on donne quelque chose, on le conserve toute la vie »