
Que restera-t-il de nous, dis- moi? Que restera-t-il? Un souvenir diffus, délayé par les années, de quelque chose qui aura marqué nos vies définitivement, souvenir si intense qu'il sera assimilé à un rêve. Il restera également ces impressions d'inachevé, de culpabilité, de gâchis, d'injustice, ce sentiment d'être, toi et moi, chacun dans sa prison dorée. Nous avons appris à écouter le silence de l'autre qui nous dit combien il nous aime; nous avons appris a tué le temps car, comme toutes les choses vraiment importantes, il n'a plus d'emprises sur nos sentiments. Les corps vieillissent, les espoirs se rétrécissent accordant de plus en plus de place aux compromissions qui nous tuent plus surement que tous nos cancers réunis. Dans les moments les plus difficiles, il reste toi que j'appelle pour ne pas sombrer et les jours, de plus en plus rare, où je trouve aucun obstacle à regarder mon ciel trop bleu, je ne peux profiter de mon bonheur sans avoir le regret que tu ne sois pas là pour le partager avec moi. La vie se termine, mais le sentiment lui restera intact et je me demande par quel moyen il continuera à s'exprimer une fois que je serais adressé? Ce qui me console, tu vois, c'est que j'ai cette certitude persistante que je ne te quitterais pas totalement. Et pourtant, que pourrais-je attendre encore? Il ne sera, bien sur, plus jamais question d'exprimer notre amour par le langage des corps, le temps à passé, alors, qu'es ce que je regrette aujourd'hui? Je partage avec toi ce que beaucoup de personnes n'auront jamais, le nectar de la relation à deux, cet état fusionnel qui nous permet de rester en contact, faisant fis de toutes les distances, du jour, de la nuit et du temps. Nous arrivons à passer outre toutes les barrières des contraintes humaines comme ils disent, ceux qui nous regarde parfois d'un air amusé, d'une tendresse partagée souvent, eux, ils savent à quel point tout cela est précieux. Alors, avant qu'il soit vraiment trop tard, avant que la vie ne quitte définitivement ce corps qui ne cesse de me trahir, je ne t'écris pas ces deux mots que je n'ose plus dire et qui, lorsque je les entend, semblent me rapprocher du ciel.




