Salut Hugo,
Je reviens de cette ville que tu aimes tant du sud ouest de la France et que je viens de découvrir ; une ville qui veut se donner des airs de capitale par son architecture alors que la nonchalance de ses habitants efface tous les efforts qu’elle peut déployer afin de le laisser croire.
J’en ai profité pour aller voir cette fille incroyable dont tu m’avais parlé et pour laquelle je n’avais que curiosité et impatience. Curiosité de rencontrer au moins une personne qui trouvait grâce à tes yeux et impatience d’entrevoir à quoi pouvait ressembler ce petit bout de femme qui avait tant impressionné cet ours renfermé et hermétique à toute sensiblerie qui me sert d’ami et de confident.
Je dois dire que la description que tu m’avais donnée était en deçà de la vérité : cette femme porte en elle une beauté intérieure fascinante, un regard à la fois profond et désespéré, une sorte de sensation troublante qui fait croire à la fois qu’elle possède une force intérieure immense et un désespoir apprivoisé. Il faut dire que la simple évocation de ton nom ainsi que des liens étroits qui nous lient ont grandement facilité la prise de contact et très vite j’ai pu me faire une idée sur cette vie si particulière qui est la sienne.
Je pense tout à fait honnêtement que peu de personnes auraient la force de vivre ce qu’elle vit : elle ne lâche rien, ne fait aucune concession sur ses choix et, comme toutes les personnes fortes, attirent auprès d’elle une ribambelle d’êtres à l’affectif boiteux, au choix indécis, des amputés du cœur que d’autre montre du nez, elle, elle les accueillent et les comprend et même si elle en souffre, elle continue à surnager dans cet océan de malentendus où chacun semble occuper la place de l’autre en déployant des trésors d’ingéniosité pour oublier ce qu’il est réellement. Entre un ami qui l’aime comme une amie et une amie qui voudrait l’aimer comme un ami, tout parait autour d’elle être à l’envers.
Dans ce joyeux bric à brac affectif, pas facile de si retrouver je te l’accorde, connaissant ton goût pour la difficulté et les situations pas trop académiques, je comprends que tu es craqué pour cette féminine à la tendresse infinie qui a su faire bouillir ton sang de vieux loup solitaire et gageons qu’elle est une faim de louve pour apaiser ta faim de loup.
Tu restes d’ailleurs une pièce à part dans ce puzzle sentimental et amoureux, une parenthèse que vous avez apparemment sagement refermé afin que ne subsiste qu’un mélange de tendresse, de respect et de confiance qui donne envie ; le nectar de ce que fut votre relation.
